Résumé de la décision
Mme A B épouse C a interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Bastia qui avait rejeté sa demande d'indemnisation de 126 863,87 euros à l'encontre de l'ONIAM, suite à des préjudices subis lors de son accouchement le 18 mars 2015. Par une ordonnance du 13 mars 2024, la cour administrative d'appel a rejeté la requête de Mme B, considérant qu'elle était tardive et donc manifestement irrecevable. La notification du jugement contesté avait été régulièrement effectuée le 15 décembre 2023, date à partir de laquelle le délai d'appel de deux mois a commencé à courir.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : La cour a constaté que la requête d'appel de Mme B, enregistrée le 27 février 2024, était tardive. En effet, le jugement du tribunal administratif avait été notifié le 15 décembre 2023, et le délai d'appel de deux mois, prévu par l'article R. 811-2 du code de justice administrative, avait donc expiré.
2. Obligation d'informer le tribunal : La cour a souligné que Mme B avait l'obligation d'informer le greffe du tribunal de tout changement d'adresse. Le retour du pli avec la mention "destinataire inconnu à l'adresse" était de sa responsabilité, et elle n'a communiqué sa nouvelle adresse qu'après le retour du pli, le 21 décembre 2023.
3. Notification régulière : La cour a affirmé que la notification du jugement était considérée comme régulière à la date du retour du pli, même si le tribunal a procédé à une seconde notification à la nouvelle adresse. Cela a été interprété comme une confirmation que le jugement avait été notifié dans les délais.
Interprétations et citations légales
1. Délai d'appel : La cour a appliqué l'article R. 811-2 du code de justice administrative, qui stipule que "sauf disposition contraire, le délai d'appel est de deux mois". Ce délai commence à courir à partir de la notification du jugement, ce qui a été respecté dans le cas présent.
2. Notification : Selon l'article R. 751-3 du même code, "les décisions sont notifiées le même jour à toutes les parties en cause". La cour a interprété que la notification effectuée le 15 décembre 2023 était valide, malgré le fait qu'un second envoi ait été fait à une nouvelle adresse.
3. Responsabilité de l'appelant : La cour a rappelé que c'est à l'appelant de s'assurer de la bonne réception des notifications, en vertu de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, qui permet de rejeter les requêtes manifestement irrecevables sans invitation à régulariser.
En conclusion, la décision de la cour administrative d'appel repose sur une interprétation stricte des délais et des obligations de notification, confirmant ainsi l'importance de la diligence de l'appelant dans le respect des procédures judiciaires.