Résumé de la décision
La Cour d'Appel de Paris a rendu un arrêt le 4 février 2014 concernant un appel interjeté par les sociétés irakiennes RAFIDAIN BANK et RASHEED BANK BAGHDAD contre une ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Paris qui avait conféré l'exequatur à un jugement rendu par le tribunal de grande instance d'Amsterdam. Ce jugement condamnait les deux banques à payer la somme de 11.431.893,85 USD à CITIBANK. La Cour a déclaré l'appel irrecevable en raison de sa tardiveté, les délais d'appel étant expirés. En conséquence, les appelantes ont été condamnées à payer 15.000 euros à CITIBANK au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a constaté que l'ordonnance contestée avait été signifiée par voie diplomatique le 12 septembre 2011, et que le délai d'appel de trois mois était donc expiré lorsque l'acte d'appel a été déposé le 11 décembre 2012. La Cour a ainsi déclaré l'appel irrecevable comme tardif, affirmant que "le délai d'appel de trois mois était expiré lorsque l'acte d'appel a été déposé".
2. Immunité de juridiction : Les appelantes ont soutenu qu'elles bénéficiaient d'une immunité de juridiction, ce qui a été reconnu par la Cour. Cependant, la Cour a précisé que les dispositions nationales relatives à la transmission par voie diplomatique s'appliquaient, car la France n'était pas liée à l'Irak par une convention sur la notification des actes de procédure.
3. Condamnation aux dépens : La Cour a également condamné les appelantes à payer 15.000 euros à CITIBANK en application de l'article 700 du code de procédure civile, en raison de leur échec dans l'appel.
Interprétations et citations légales
1. Transmission des actes de procédure : La Cour a appliqué l'article 684 du code de procédure civile, qui stipule que "l'acte destiné à être notifié à un Etat étranger [...] est remis au parquet et transmis par l'intermédiaire du ministre de la justice". Cette disposition a été interprétée comme étant suffisante pour satisfaire aux exigences de notification, même en l'absence d'une convention internationale.
2. Délai d'appel : La Cour a souligné que le délai d'appel commence à courir à partir de la signification de l'ordonnance, conformément aux règles de procédure civile. Cela a été déterminant pour déclarer l'appel irrecevable, car "l'ordonnance querellée ayant été signifiée par la voie du parquet le 12 septembre 2011, le délai d'appel de trois mois était expiré".
3. Article 700 du code de procédure civile : La condamnation des appelantes à payer 15.000 euros à CITIBANK a été fondée sur l'article 700, qui permet à la Cour de condamner la partie perdante à payer une somme pour couvrir les frais d'avocat. La Cour a noté que "RAFIDAIN BANK et RASHEED BANK BAGHDAD, qui succombent, ne sauraient bénéficier des dispositions de l'article 700".
En conclusion, la décision de la Cour d'Appel de Paris repose sur une interprétation stricte des délais de procédure et des règles de notification, tout en reconnaissant les principes d'immunité de juridiction, mais en les appliquant dans le cadre des règles nationales.