Résumé de la décision
Le 10 juin 2024, la Cour d'appel de Toulouse a rendu une ordonnance déclarant irrecevable l'appel formé par M. [K] [R], un ressortissant algérien, contre une ordonnance du juge des libertés et de la détention qui avait ordonné son maintien en centre de rétention. L'appel a été jugé tardif, ayant été interjeté plus de 24 heures après la notification de la décision initiale.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : La Cour a souligné que l'article R 7453-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) impose un délai de 24 heures pour interjeter appel d'une ordonnance du juge des libertés et de la détention. En l'espèce, l'appel a été formé 21 minutes après l'expiration de ce délai, ce qui le rend irrecevable.
2. Notification : La décision a été notifiée à M. [K] [R] et à son avocat à 13h00 le 9 juin 2024. L'appel a été formé le 10 juin à 13h21, ce qui constitue un dépassement du délai légal.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur les dispositions suivantes :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R 7453-10 : Cet article précise que "l'ordonnance du juge des libertés et de la détention est susceptible d'appel devant le premier président de la cour d'appel, dans les vingt-quatre heures de son prononcé". Il est également mentionné que le délai court à compter de la notification faite à l'étranger.
L'interprétation de cet article est claire : le respect du délai de 24 heures est impératif pour la recevabilité de l'appel. La Cour a donc appliqué strictement cette règle, sans possibilité d'extension ou de prorogation, ce qui souligne l'importance de la rigueur procédurale dans les affaires de maintien en rétention.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Toulouse illustre l'importance du respect des délais légaux dans le cadre des recours en matière de droit des étrangers, et rappelle que toute défaillance dans ce domaine peut entraîner l'irrecevabilité de l'appel.