Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 10 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [D] [T], un ressortissant algérien retenu au centre de rétention. Cet appel visait à contester une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris, qui avait rejeté une exception de nullité et ordonné la prolongation de la rétention de M. [D] [T] pour une durée maximale de 28 jours. La Cour a jugé que la déclaration d'appel était manifestement irrecevable en raison de son absence de motivation, et a donc rejeté l'appel.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties. La Cour a noté que la déclaration d'appel de M. [D] [T] ne contenait aucune critique substantielle de l'ordonnance contestée, se limitant à une simple mention de son souhait de contester la décision. La Cour a souligné que « la déclaration d'appel ainsi motivée ; je souhaite contester la décision du juge des libertés et de la détention » était dénuée de toute motivation, ce qui ne permettait pas de justifier la fin de la rétention.
Interprétations et citations légales
L'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables. Cette disposition vise à assurer une bonne administration de la justice en évitant des procédures inutiles lorsque les éléments fournis ne permettent pas de justifier la demande. La Cour a interprété cette disposition comme un moyen de filtrer les appels qui ne présentent pas de fondement juridique suffisant.
La décision souligne également l'importance de la motivation dans les déclarations d'appel, en se référant à l'article R. 743-14 du même code, qui exige que les éléments de critique soient clairement exposés. En l'absence de tels éléments, la Cour a conclu que l'appel ne pouvait être retenu.
En résumé, la décision de la Cour d'appel de Paris illustre l'importance de la motivation dans les procédures d'appel en matière de rétention administrative, et elle applique strictement les dispositions légales pour garantir l'efficacité et la pertinence des recours.