Résumé de la décision
La Cour d'appel de Versailles a rendu une ordonnance le 12 juin 2024 concernant la requête de Monsieur [R] [F], qui sollicitait une indemnisation pour sa détention provisoire de 35 jours, du 19 mars 2022 au 20 avril 2022. Monsieur [R] [F] demandait un total de 11 500 euros, répartis entre préjudice moral, préjudice matériel et frais de défense. Cependant, la cour a déclaré la requête irrecevable en raison de l'appel interjeté par le ministère public contre le jugement de relaxe rendu par le tribunal judiciaire de Nanterre, ce qui empêchait le jugement de revêtir un caractère définitif.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : La cour a fondé sa décision sur le fait que, selon les articles 149 et suivants du code de procédure pénale, la demande d'indemnisation ne peut être présentée que lorsque la décision de relaxe est devenue définitive. En l'espèce, l'appel interjeté par le ministère public a suspendu le caractère définitif du jugement de relaxe, rendant ainsi la requête de Monsieur [R] [F] irrecevable.
> "Le jugement n'acquiert donc pas de caractère définitif."
2. Conditions de recevabilité : La cour a rappelé que la requête en indemnisation doit être présentée dans un délai de six mois à compter de la décision définitive. Le non-respect de cette condition entraîne l'irrecevabilité de la demande.
> "La requête, ne respectant pas les exigences de l'article 149-2 du code de procédure pénale, est irrecevable."
Interprétations et citations légales
1. Article 149 du Code de procédure pénale : Cet article stipule que toute personne ayant fait l'objet d'une détention provisoire a droit à réparation intégrale du préjudice causé par cette détention, mais uniquement lorsque la décision de relaxe est devenue définitive.
> "La personne qui a fait l'objet d'une détention provisoire au cours d'une procédure terminée à son égard par une décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenue définitive a droit, à sa demande, à réparation intégrale du préjudice moral et matériel que lui a causé cette détention."
2. Article 149-2 du Code de procédure pénale : Cet article précise que la requête doit être présentée dans un délai de six mois après que la décision acquiert un caractère définitif. L'absence de ce caractère définitif, en raison d'un appel, empêche la recevabilité de la demande.
> "La requête en indemnisation doit contenir l'exposé des faits, le montant de la réparation demandée, et toutes indications utiles prévues à l'article R26."
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Versailles repose sur une interprétation stricte des conditions de recevabilité des demandes d'indemnisation en matière de détention provisoire, soulignant l'importance du caractère définitif des jugements dans ce contexte.