Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans son arrêt du 1er octobre 2015, a été saisie d'une question prioritaire de constitutionnalité concernant la responsabilité des entreprises en matière d'indemnisation des maladies professionnelles liées à l'amiante. M. X, ancien salarié de la société Bata, a été reconnu atteint d'une maladie professionnelle et indemnisé par le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA), lequel a ensuite agi en justice pour faire reconnaître la faute inexcusable de la société. La société a soulevé une question sur la conformité à la Constitution des dispositions légales pertinentes. La Cour a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Conformité préexistante à la Constitution : La Cour rappelle que les articles L. 452-1 à L. 452-5 du Code de la sécurité sociale ont déjà été jugés conformes à la Constitution par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2010-8 QPC du 18 juin 2010. Cela suggère une stabilité juridique qui est à prendre en compte.
> « Les dispositions des articles L. 452-1 et L. 452-2 à L. 452-5 du code de la sécurité sociale ont déjà été déclarées conformes à la Constitution [...] aucun changement de circonstances [...] n'est [...] intervenu. »
2. Objectif du texte légal : L'article 53, VI, de la loi n° 2000-1257 vise simplement à reconnaître le droit du FIVA d'agir pour récupérer les sommes versées, sans affecter les conditions de responsabilité de l'employeur.
> « Ces dispositions ont pour seul objet de subroger [...] le FIVA dans les droits que possède la personne indemnisée contre la personne responsable du dommage. »
3. Interprétation de la jurisprudence : La Cour souligne que l'interprétation de l’article L. 452-1 ne vise pas à rendre l'employeur responsable de conséquences pour lesquelles il n'est pas en faute, ni à lui imposer une présomption de faute inexcusable.
> « [...] l'interprétation que la jurisprudence de la Cour de cassation retient des dispositions de l'article L. 452-1 [...] ne tend nullement à imputer à un employeur les conséquences d'une faute inexcusable dont il n'est pas l'auteur. »
Interprétations et citations légales
1. Responsabilité et subrogation : Les articles du Code de la sécurité sociale, notamment L. 452-1 et suivants, établissent un cadre qui permet de protéger les victimes tout en précisant les responsabilités des différents acteurs. Le FIVA agit sur la base d’une subrogation qui préserve les droits de recours contre l’employeur.
Code de la sécurité sociale - Article L. 452-2 : « [...] le FIVA [...] est subrogé dans les droits que possède la personne indemnisée contre la personne responsable du dommage. »
2. Contrôle de constitutionnalité : L'absence de nouveaux éléments justifiant un réexamen a conduit la Cour à ne pas renvoyer la question au Conseil constitutionnel, car les normes de protection des victimes d'accidents du travail sont déjà ancrées dans la législation avec une conformité affirmée précédemment.
Dans l'ensemble, l'arrêt de la Cour de cassation clarifie la position juridique relative à la responsabilité des employeurs dans le cadre des maladies professionnelles liées à l'amiante, tout en renforçant la lutte contre les effets de cette problématique sur les travailleurs.