Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans un arrêt rendu le 2 juin 2015 par sa chambre commerciale, a rejeté le pourvoi de la Banque française commerciale Océan Indien (BFCOI). La banque contestait la décision de la cour d'appel de Saint-Denis de la Réunion qui avait rejeté deux de ses créances déclarées lors de la liquidation judiciaire de la société Transit Pichon de Bury. Les créances concernées étaient relatives aux soldes débiteurs de comptes courants et à un escompte d'effets commerciaux. La cour a considéré que la BFCOI ne justifiait pas adéquatement ses créances, et a affirmé que la banque devait produire des documents supplémentaires sans qu'il soit nécessaire pour la cour d'appel de l'y inviter.
Arguments pertinents
1. Sur la justification des créances :
La cour d'appel a constaté que la BFCOI se contentait de produire des extraits de comptes ne comprenant que des lignes de débit, sans fournir de documents complémentaires qui pourraient justifier les soldes débiteurs revendiqués. L'arrêt souligne que "la BFCOI ne produit strictement aucun document concernant les deux comptes dont elle soutient qu'ils seraient débiteurs".
2. Sur l'obligation de produire des documents :
La décision précise qu'en cas de contestation de la déclaration de créance par le débiteur ou le liquidateur, il incombe au créancier de présenter des pièces justificatives supplémentaires. La chambre commerciale souligne qu'il n'est pas nécessaire que la cour d'appel n'invite le créancier à produire les Justificatifs, statuant ainsi que "le moyen n'est pas fondé".
3. Sur l'absence de défi de certaines pièces :
Concernant l'escompte d'effets ou de créances, la cour a évoqué que les pièces produites par la banque étaient inexploitables, faute d'explications adéquates, et que la simple fourniture d'un tableau Excel était insuffisante pour justifier la créance. L'arrêt relève que "la banque ne produit aucun élément relatif au papier commercial dont elle revendique la prise en compte".
Interprétations et citations légales
1. Article L. 622-25 du Code de commerce :
Cet article souligne que "la déclaration de créance doit être justifiée". En l'espèce, la cour a interprété qu'une déclaration de créance insuffisamment justifiée ne peut être acceptée, indépendamment de l'invitation à fournir des pièces justificatives.
2. Article L. 643-1 du Code de commerce :
Cet article traite des conséquences de l'absence de justification d’une créance. Il stipule que "les créances doivent être déclarées dans le délai et selon les formes prescrites par la loi". Ce cadre légal a été utilisé pour soutenir le rejet de la créance de la BFCOI, reconnaissant ainsi que les obligations de production incombent au créancier sans qu'il soit nécessaire d'être convoqué par la juridiction.
3. R. 622-23 du Code de commerce :
L'article précise les modalités de déclaration et de justification des créances dans le cadre de la liquidation. La décision s'est appuyée sur ce dernier pour réaffirmer que la banque devait se conformer aux exigences de justification sans assistance judiciaire.
En somme, la Cour de cassation a validé la décision de la cour d'appel et rejeté le pourvoi de la BFCOI, renforçant ainsi la nécessité pour les créanciers de justifier adéquatement leurs demandes dans le cadre de procédures collectives.