Résumé de la décision
La Commission de révision des condamnations pénales s'est réunie le 4 juillet 2013 pour statuer sur une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par M. Joseph X... dans le cadre de sa demande de révision d'une condamnation à dix-neuf ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles. La question posée était de savoir si la fabrication d'une convention en justice par une atteinte ou une violation de règles de droit non sanctionnée pouvait constituer un droit de recours en révision. La Commission a déclaré la question irrecevable, arguant qu'elle ne portait pas sur une disposition législative spécifique, condition nécessaire pour soulever une telle question.
Arguments pertinents
La Commission a fondé sa décision sur plusieurs points juridiques clés :
1. Compétence de la Commission : Elle a rappelé que selon l'article 61-1 de la Constitution et l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067, seule une juridiction relevant du Conseil d'État ou de la Cour de cassation peut soulever une question prioritaire de constitutionnalité.
2. Nature de la question posée : La Commission a souligné que la question prioritaire de constitutionnalité doit concerner une "disposition législative" qui porterait atteinte aux droits garantis par la Constitution. Dans le cas présent, la question posée ne se rapportait à aucune disposition législative, ce qui la rendait irrecevable.
3. Conclusion sur la recevabilité : En conséquence, la Commission a déclaré : "D'où il suit que la question prioritaire de constitutionnalité, qui ne porte sur aucune disposition législative, est irrecevable."
Interprétations et citations légales
La décision repose essentiellement sur l'interprétation des dispositions constitutionnelles et législatives relatives à la question prioritaire de constitutionnalité :
- Constitution - Article 61-1 : Cet article stipule que "les dispositions législatives peuvent faire l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité dans les conditions prévues par la loi."
- Ordonnance n° 58-1067 - Article 23-1 : Cet article spécifie que cette procédure est ouverte aux juridictions relevant du Conseil d'État ou de la Cour de cassation.
La Commission a affirmé que sa compétence lui permet de traiter des demandes de révisions en s’appuyant sur des textes tels que le Code de procédure pénale - Article 623, qui lui confère le pouvoir d'instruire des requêtes en révision et d'ordonner des vérifications utiles. Cependant, elle a précisé que le seul fondement admissible pour une question prioritaire de constitutionnalité doit être associé à une atteinte à une "disposition législative".
Ainsi, la décision met en lumière l'importance de la distinction entre les questions qui peuvent donner lieu à révision et celles qui concernent l'applicabilité des dispositions législatives face aux droits constitutionnels. La question soulevée, se référant à une violation de règles de droit sans lien avec une disposition législative réelle, n'a donc pas trouvé de fondement recevable dans la procédure constitutionnelle.