Résumé de la décision :
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de la société Metso minerals France, qui contestait l'irrecevabilité de son appel d'une ordonnance de référé rendue le 16 août 2007. Cette ordonnance ordonnait une expertise avant tout procès sur une installation industrielle, mais elle n'a pas été notifiée. L'appel a été interjeté plus de deux ans après cette ordonnance. La Cour d'appel a jugé que l'ordonnance avait tranché le principal, et donc que l'appel était irrecevable.
Arguments pertinents :
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a retenu que l'ordonnance de référé du 16 août 2007 avait épuisé la saisine du juge en prescrivant des mesures devant établir la preuve des faits à l’origine du litige. L'article 528-1 du code de procédure civile dispose que "si le jugement n'a pas été notifié dans le délai de deux ans de son prononcé", la partie qui a comparu n'est plus recevable à exercer un recours à titre principal. En conséquence, l'appel formé par la société Metso, plus de deux ans après la décision, a été considéré comme irrecevable.
2. Tranchage du principal : La décision souligne que l'ordonnance a tranché le principal au regard de l'objet du litige, car en statuant sur la demande d'expertise, le juge a statu le commerce des preuves, ce qui représente une déclaration sur le fond.
Interprétations et citations légales :
1. Application de l'article 528-1 : La Cour interprète l'article 528-1 du Code de procédure civile comme ayant une vocation générale s’appliquant aussi bien aux jugements qu’aux ordonnances. Elle précise que cette disposition s'applique aux décisions qui tranchent entièrement le principal. Ainsi, selon la Cour, "l'article 528-1 du Code de procédure civile dispose : « Si le jugement n'a pas été notifié dans le délai de deux ans de son prononcé, la partie qui a comparu n'est plus recevable à exercer un recours à titre principal après l'expiration dudit délai."
2. Nature de l'ordonnance de référé : L'interprétation de la notion de "trancher le principal" soulève des débats. Traditionnellement, une ordonnance de référé n'est pas censée trancher sur le fond du litige. Cependant, la Cour en conclut que, dans ce cas, en accordant une expertise, elle aborde le fond puisque cela vise à établir des preuves essentielles relatives à la solution d'un litige éventuel.
Cette décision illustre la rigidité des délais de recours en matière d'ordonnances de référés, ainsi que l'importance de comprendre la portée des décisions rendues dans ce cadre.