Résumé de la décision
Dans cet arrêt du 8 novembre 2012, la Cour de cassation, chambre commerciale, a statué sur une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) posée par Mme X... ép. Y..., contestée dans le cadre de son pourvoi contre une décision de la cour d'appel de Paris du 31 janvier 2012. La question portait sur la conformité de l'article 787 C du Code général des impôts, qui assimile les entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée (EURL) aux entreprises individuelles, et qui pourrait créer une différence de traitement injustifiée entre différents héritiers de sociétés. La Cour a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel, en raison d'une décision précédente qui avait déjà déclaré cette disposition conforme à la Constitution.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision reposent sur plusieurs points juridiques et raisonnements :
- Conformité antérieure à la Constitution : La Cour souligne que l'article 787 C a déjà été validé par le Conseil constitutionnel (décision n° 2003-477 DC du 31 juillet 2003), ce qui rend le réexamen de la constitutionnalité de ce texte sans objet. La Cour observe que les modifications apportées à l'article depuis sa validation initiale ne constituent pas des changements de circonstances susceptibles d'affecter la qualité de ce texte.
- Absence de changement substantiel : La Cour note que les révisions législatives relatives à l'article 787 C, effectuées à travers divers textes de lois successives, n'ont pas modifié fondamentalement le dispositif initial, affirmant que "qu'aucune des modifications apportées... n'est constitutive d'un changement de circonstances de droit ou de fait..."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur l'interprétation de plusieurs dispositions législatives :
- Code général des impôts - Article 787 C : Cet article traite des exonérations fiscales qui s'appliquent aux transmissions à titre gratuit (par décès ou donation) des entreprises individuelles, y compris des entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée. La Cour rappelle que cette assimilation a été jugée conforme à l'intérêt général et ne crée pas un inconvénient inconstitutionnel.
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Article 6 : Cet article déclare que "la loi est l'expression de la volonté générale". Mme X... ép. Y... plaidait que l'assimilation en vertu de l'article 787 C crée une différence de traitement non justifiée par l'intérêt général. Toutefois, la Cour a jugé que la disposition en question ne contrevenait pas à cette exigence, ayant reçu une approbation précédente du Conseil constitutionnel.
En résumé, la Cour de cassation a conclu qu'il n'était pas nécessaire de renvoyer la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel, se fondant sur la conformité antérieure et les modifications récentes qui n'affectent pas la légitimité de l'article 787 C.