Résumé de la décision
Dans un arrêt rendu le 11 juin 2024, la Cour de cassation a répondu à une demande d'avis émanant de la cour d'appel de Versailles concernant la procédure d'instruction après constatation d'irrégularités dans une ordonnance de renvoi. La cour d'appel avait annulé un jugement en raison d'une mise en examen inappropriée et demandé des clarifications sur la manière de régulariser la procédure. La Cour de cassation a confirmé que, lorsque la juridiction correctionnelle renvoie une affaire au ministère public pour permettre une régularisation par la juridiction d'instruction, cette dernière peut se limiter à une mise en examen supplétive et n’est pas tenue d’accomplir d’autres formalités avant de retourner la procédure à la juridiction correctionnelle.
Arguments pertinents
1. Renvoi au ministère public: La Cour souligne que la juridiction correctionnelle, après avoir constaté l'irrégularité, a la capacité de renvoyer la procédure au ministère public. C'est dans ce cadre que le ministère public peut saisir à nouveau la juridiction d'instruction par un réquisitoire supplétif. La Cour a indiqué : « En effet, la Cour de cassation juge de manière constante que, dans un tel cas, la juridiction correctionnelle ne peut annuler l'ordonnance ou l'arrêt de renvoi... et reste seule saisie de la procédure » (paragraphe 5).
2. Absence de réouverture de l'instruction: La décision décrit clairement que cette démarche ne constitue pas une réouverture de l'instruction. Ainsi, cela évite un cycle de procédures inutile et complexe. La Cour a précisé : « Cette saisine ne constitue pas une réouverture de l'information » (paragraphe 4).
3. Formalités non requises: L'avis stipule qu’aucune formalité spécifique n'est exigée après la mise en examen des personnes concernées avant que la procédure ne retourne à la juridiction correctionnelle. La Cour a affirmé : « L'article 385 précité n'exige pas de la juridiction d'instruction ainsi saisie l'accomplissement de formalités spécifiques » (paragraphe 7).
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Article 385: Cet article a été central dans l’analyse de la décision. Il affirme que si des irrégularités sont constatées, la juridiction correctionnelle a la faculté de renvoyer au ministère public pour régularisation sans déroger à l'essence même de la procédure : « Lorsque la juridiction correctionnelle, en application de l'article 385, alinéa 2, du code de procédure pénale, renvoie au ministère public la procédure, afin qu'elle soit régularisée... »
2. Distinctions procédurales: La Cour de cassation fait une distinction claire entre la mise en examen supplétive et une nouvelle procédure complète, ce qui témoigne d'un souci d'application efficace du droit pénal sans perdre de vue les droits des prévenus et l'organisation judiciaire. Elle souligne que la mise en examen supplétive « n’est tenue à l’accomplissement d’aucune autre formalité » (paragraphe 8).
Ces éléments démontrent une compréhension nuancée des principes procéduraux et affirment la nécessité d'une régularisation effective, tout en préservant la structure du processus pénal français.