Résumé de la décision
La commission nationale de réparation des détentions a examiné le recours de Patrick X..., qui a été en détention provisoire du 12 décembre 2005 au 10 mars 2006 (soit 89 jours) pour des infractions pour lesquelles il a finalement été partiellement relaxé. Le 2 octobre 2009, le premier président de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a déclaré la demande d'indemnisation irrecevable, en raison de la durée de détention étant inférieure à celle qu'aurait pu encourir Patrick X... pour les infractions. En appel, la commission a jugé le recours recevable, mais a rejeté le fond de la demande, concluant que la durée de détention était conforme au texte légal applicable.
Arguments pertinents
1. Sur la recevabilité du recours : La commission a affirmé que la déclaration de recours signée par l'avocat était conforme à l'article R. 40-4 du code de procédure pénale, qui ne nécessite pas de pouvoir spécial pour représenter le requérant. La décision indique : "la déclaration enregistrée et datée par le greffier... équivaut à une déclaration écrite au sens de l'article R. 40-4."
2. Sur le fond du recours : La commission a constaté que bien que Patrick X... ait été détenu pour plusieurs infractions, il n’a été condamné qu’à une simple amende pour celles qui lui étaient reprochées. Toutefois, les infractions devaient encourir une peine correctionnelle d’une durée égale ou supérieure à trois ans, ce qui justifiait légalement son placement en détention provisoire. En conséquence, il n’y avait pas lieu d’accorder une indemnisation.
Interprétations et citations légales
La décision porte principalement sur l’application des articles 149 à 150 du code de procédure pénale, qui régissent la réparation des détentions. L'article 149-1 précise que "une indemnité est accordée... à la personne ayant fait l'objet d'une détention provisoire... par une décision de non-lieu de relaxe, ou d'acquittement devenue définitive." En ce sens, la commission a interprété les termes de la loi pour établir que l'indemnisation ne peut être accordée si la durée de la détention subie est inférieure à celle qui aurait pu être appliquée suivant les infractions.
Dans le cas de Patrick X..., bien que sa détention ait été plus courte que celle encourue pour les infractions concernées, la décision s’articule autour de la loi qui tolère une détention qui ne dépasse pas le maximum théorique encouru, comme le précise la décision : "les infractions pour lesquelles X... a été condamné lui faisaient encourir une peine correctionnelle d'une durée égale ou supérieure à trois ans d'emprisonnement." Cela renforce la position de la commission sur le principe de non-indemnisation en cas de détention conforme à la législation.
Ces éléments permettent d’envisager le cadre juridique de la détention et ses implications sur les droits à réparation, tout en insistant sur le respect des procédures prévues par le code de procédure pénale.