Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans son arrêt du 12 avril 2012, a statué sur le pourvoi de M. X... contre une décision de la cour d'appel de Paris du 8 juin 2011, qui avait déclaré prescrite son action en réparation d'une atteinte à sa vie privée. M. X... reprochait à la société Nouvelle du Journal de l'Humanité d'avoir mis en ligne des articles l'affectant, sans son consentement. Bien que M. X... ait assigné la société en justice le 7 septembre 2009, la Cour a considéré que le délai de prescription courait à partir de la mise en ligne des articles en août 1996, ce qui a entraîné la prescription de son action.
Arguments pertinents
La Cour souligne que le délai de prescription de l'action en responsabilité civile extracontractuelle, applicable ici, débute au moment de la "mise à disposition du public" sur Internet, soit au moment de la mise en ligne, plutôt qu'à partir du moment où le dommage est porté à la connaissance de la victime. La Cour déclare : "le texte incriminé [...] ayant été déjà publié sur le support papier [...] a été mis en ligne courant août 1996 ; [...] c'est à partir de cette mise en ligne, équivalente à la mise à disposition du public, que le délai de prescription [...] devait être calculé".
Interprétations et citations légales
L'arrêt repose sur l'interprétation de l'ancien article 2270-1 du Code civil, qui stipule que le délai de prescription court à partir de la manifestation du dommage ou de la date de révélation du dommage à la victime. La Cour a interprété cet article comme indiquant que la première mise en ligne d'un contenu sur Internet constitue une manifestation évidente du dommage, rendant dès lors non viable l'argument de M. X... quant à la révélation tardive du préjudice.
Dans cet arrêt, la Cour de cassation affirme : "le délai de prescription [...] doit être calculé [...] non pas à partir des seules constatations de M. X..., datant du 6 mai 2009". Cela établit une jurisprudence selon laquelle la mise à disposition publique par Internet est dès lors suffisante pour faire courir les délais de prescription.
Ainsi, la décision souligne l’importance de la visibilité et de l’accessibilité d’informations en ligne pour la détermination du début du délai de prescription, ce qui peut avoir des implications significatives pour les actions en responsabilité liées à des atteintes à la vie privée.