Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. Y... a vu sa demande en dommages-intérêts rejetée par la cour d'appel à l'encontre de M. Z..., médecin rhumatologue. M. Y... reprochait à M. Z... de ne pas l'avoir informé correctement des risques associés à l'injection d'Hexatrione, laquelle, selon lui, avait conduit à une calcification nécessitant une intervention chirurgicale. La cour d'appel a jugé que M. Y... n'avait pas prouvé qu'il aurait refusé le traitement proposé s'il avait été informé adéquatement. La Cour de cassation a cassé cet arrêt, établissant que le non-respect du devoir d'information par le médecin causait un préjudice à M. Y..., qui devait être réparé.
Arguments pertinents
Le moyen unique soutenu par M. Y... repose sur l'idée que le non-respect du devoir d'information par M. Z... a causé un préjudice, lequel devait être réparé conformément à l'article 1382 du Code civil. La cour de cassation a clairement estimé que le préjudice subi par M. Y... résultait de l'absence d'information nécessaire à un consentement éclairé. Il a été affirmé que la cour d'appel n'avait pas correctement tiré de ses constatations les conséquences légales, en ne reconnaissant pas que M. Y... devait être informé sur la non-conformité du traitement avec l'autorisation de mise sur le marché, ce qui constitue un manquement à son devoir d'information.
La Cour de cassation a déclaré : « le non-respect par un médecin du devoir d'information dont il est tenu envers son patient, cause à celui auquel cette information était légalement due un préjudice qu'en vertu du texte susvisé le juge ne peut laisser sans réparation. »
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, la Cour de cassation s'appuie sur plusieurs textes de loi qui encadrent le devoir d'information des médecins et la protection de la dignité de la personne humaine.
1. Code civil - Article 1382 : Cet article stipule que "toute faute qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer". Cela sous-entend que l'absence d'information nécessaire constitue une faute en raison de la violation du devoir d'information du médecin.
2. Code civil - Articles 16 et 16-3 : Ces articles évoquent le respect de la dignité et de l'intégrité du corps humain, établissant que toute personne a le droit d’être informée sur les traitements médicaux qu'elle reçoit, et ce afin de garantir un consentement éclairé.
Les juges ont donc souligné que le lien entre le manquement à l'obligation d'information et le préjudice subi par le patient doit être établi, mais que le préjudice existe car la privation de l'information entrave la possibilité de donner un consentement éclairé. En conclusion, le jugement de la cour d'appel a été jugé erroné sur ce point, entraînant leur annulation par la Cour de cassation, qui a enjoint le renvoi de l'affaire pour qu'il soit statué sur les dommages-intérêts.