Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant Mme et M. [U] à la Caisse régionale de crédit agricole Nord-Midi-Pyrénées, les demandeurs ont signalé quatre débits inexpliqués sur leur compte, pour lesquels la banque a refusé de procéder au remboursement. Après avoir assigné la banque le 4 juin 2020, la Cour de cassation a décidé de surseoir à statuer sur le pourvoi n° E 22-22.609 en raison d'une question préjudicielle posée à la Cour de justice de l'Union européenne, concernant l'interprétation des articles de la directive 2007/64/CE en lien avec le droit au remboursement d'opérations de paiement non autorisées.
Arguments pertinents
La Cour de cassation a mis en avant que la question de droit de l'Union européenne présentée pourrait avoir un impact direct sur l'issue de l'affaire. Elle cite la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne qui stipule qu'une juridiction ne peut ignorer son obligation de renvoi lorsqu'une question de droit de l’Union se pose, à moins que l’application du droit de l’Union ne laisse aucune place à un doute raisonnable.
Citation pertinente : « une juridiction dont les décisions ne sont pas susceptibles d'un recours juridictionnel de droit interne est tenue, lorsqu'une question de droit de l'Union se pose devant elle, de déférer à son obligation de saisine » (arrêt du 6 octobre 1982, Cilfit e.a., 283/81, point 21).
Interprétations et citations légales
Les textes de loi appliqués dans cette décision relèvent principalement de la directive 2007/64/CE du 13 novembre 2007 concernant les services de paiement. La Cour a spécifiquement mentionné que la question posée à la Cour de justice concernait l'interprétation des articles 56, 58, 60 et 61 de cette directive, en rapport avec le droit au remboursement des opérations non autorisées.
Citations légales :
- Code monétaire et financier - Article L. 133-24 : Cet article transpose l'article 58 de la directive et établit les droits du payeur concernant le remboursement en cas d'opération non autorisée, posant ainsi un cadre juridique susceptible d'être impacté par l'interprétation demandée à la Cour de justice.
La Cour de cassation a décidé de surseoir à statuer jusqu'à obtenir l'avis de la Cour de justice de l'Union européenne, soulignant ainsi l'importance de la clarité juridique sur ces questions pour l'assurance des droits des consommateurs dans le cadre des services de paiement en Europe. L'affaire sera examinée à nouveau lors de l'audience du 10 décembre 2024.