Résumé de la décision
Dans un arrêt rendu le 14 décembre 2011, la Cour de cassation, chambre sociale, a examiné une question prioritaire de constitutionnalité posée par un conseil de prud’hommes. Elle a été saisie de la demande de déclaration d'inconstitutionnalité d'articles L. 1226-4 et L. 4624-1 du Code du travail. Ces articles posaient des questions sur le délai accordé à l'employeur pour prendre une décision de reclassement ou de licenciement après un avis d'inaptitude prononcé par un médecin du travail. La Cour a jugé que la question n'était pas nouvelle et qu'elle ne présentait pas un caractère sérieux, ne justifiant donc pas un renvoi au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
La Cour a justifié son refus de renvoyer la question au Conseil constitutionnel par deux motifs principaux :
1. Question non nouvelle : La Cour souligne que la question soumise ne porte pas sur l'interprétation d'une disposition constitutionnelle que le Conseil constitutionnel n'aurait pas déjà eu l'occasion d'interpréter. Cela signifie qu'il s'agit d'une affaire déjà traitée et qui ne nécessite pas un nouvel examen au niveau constitutionnel.
2. Absence de caractère sérieux : La Cour estime que la question posée ne présente pas de caractère sérieux car elle repose sur une atteinte non caractérisée au principe d'égalité devant la loi et sur une prétendue violation d'un principe de sécurité juridique qui n'est pas reconnu comme ayant valeur constitutionnelle. En citant, "la question posée ne présente pas un caractère sérieux dès lors qu'elle se fonde sur une atteinte non caractérisée au principe d'égalité devant la loi".
Interprétations et citations légales
Les articles du Code du travail concernés par la décision de la Cour sont :
- Code du travail - Article L. 1226-4 : Cet article impose un délai d'un mois à l'employeur pour décider du reclassement ou du licenciement d'un salarié déclaré inapte. La question soulevée critiquait ce délai, en suggérant qu'il devrait être étendu à deux mois pour correspondre à l'article L. 4624-1.
- Code du travail - Article L. 4624-1 : Cet article permet un recours contre l'avis du médecin du travail, mais sans définir de délai de recours qui s'articulerait avec le délai d'un mois défini par l'article précédent, ni préciser que ce recours aurait un caractère suspensif.
La combinaison des deux articles a été interprétée comme créant une incohérence dans la loi, mais la Cour a jugé que cette incohérence ne constituait pas une violation des droits. Elle a également noté que le principe de sécurité juridique, contesté, n'était pas un principe constitutionnel reconnu.
Ainsi, la décision souligne l'importance du cadre législatif existant tout en écartant les préoccupations soulevées comme étant sans fondement suffisant pour un examen constitutionnel approfondi.