Résumé de la décision
La Cour de Cassation, dans son arrêt du 14 novembre 2013, a examiné la validité d'un accord signé le 16 novembre 2012, qui modifiait le périmètre de l'unité économique et sociale (UES) du groupe Generali. La Fédération des employés et cadres Force Ouvrière (FO) contestait cet accord, arguant qu'il n'avait pas été signé à l'unanimité des organisations syndicales représentatives. La Cour a rejeté le pourvoi, considérant que l'accord de modification avait été validement conclu par une double majorité des syndicats et que l'unanimité n'était pas requise pour la modification du périmètre de l'UES.
Arguments pertinents
1. Nature de l'accord : La décision souligne que la reconnaissance ou la modification de l'UES ne dépend pas d'un protocole d'accord préélectoral mais d'un accord collectif signé par les syndicats représentatifs. La Cour affirme : « la reconnaissance ou la modification conventionnelle d'une unité économique et sociale ne relève pas du protocole d'accord préélectoral mais de l'accord collectif signé, aux conditions de droit commun, par les syndicats représentatifs ».
2. Double majorité : La Cour a établi que l'accord de modification avait été signé par des organisations syndicales représentant au moins 30 % des suffrages exprimés lors des dernières élections, validant ainsi la décision du tribunal d'instance. La Cour a énoncé que « l'accord de modification du périmètre de l'UES avait été signé à la double majorité des organisations syndicales au sens de l'article L. 2324-4-1 du code du travail », renforçant la légitimité de la modification en question.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 2322-4 du Code du Travail : La Cour a interprété cet article en considérant que l'unanimité n'était pas requise pour valider une modification de périmètre d'une UES à travers un protocole d'accord préélectoral. Elle a souligné que cela ne se rapporte pas nécessairement à la composition des collèges électoraux, qui nécessiterait un accord unanime lors d'une modification ultérieure.
2. Article L. 2314-3-1 et L. 2324-4-1 du Code du Travail : En appliquant ces textes, la Cour a statué que la signature d’un accord modifiant le périmètre de l'UES peut être valide même sans accord unanime des syndicats, tant que la double majorité est respectée. Cette interprétation a été cruciale pour justifier le rejet du moyen de FO, qui ne contestait pas la majorité acquise lors du vote mais plutôt la nécessité de l'unanimité.
Conclusion
La décision de la Cour de Cassation, en rejetant le pourvoi de FO, réaffirme que la modification du périmètre d'une UES peut être validée par une majorité d'organisations syndicales, tout en soulignant l'importance des accords collectifs dans la détermination des structures syndicales au sein des entreprises. La clarification sur la nécessité ou non de l'unanimité pour ce type d'accord contribue à la compréhension stratégique des relations industrielles en France.