Résumé de la décision
La Cour de cassation a annulé un jugement rendu par la juridiction de proximité d'Ivry-sur-Seine, qui avait débouté M. et Mme X... de leur demande d'indemnisation de 600 euros chacun, sur le fondement de l'article 7 du règlement (CE) n° 261/2004, suite à un retard de 6 heures sur leur vol Miami-Paris de la société Corsair, le 29 novembre 2011. La cour a jugé que la juridiction inférieure avait mal appliqué le règlement en considérant que l'indemnité prévue à l'article 7 ne pouvait s'appliquer qu'en cas d'annulation de vol et non en cas de retard.
Arguments pertinents
1. Principes de la réglementation européenne : La Cour souligne que les passagers de vols retardés ont droit à une indemnisation lorsque le retard est égal ou supérieur à trois heures. Cela est conforme à la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne.
2. Interprétation erronée du règlement : Le jugement attaqué a mal interprété le lien entre les articles 6 et 7 du règlement. La cour retient que le rejet de la demande de M. et Mme X... repose sur une distinction incorrecte entre les cas d'annulation et de retard.
> "En statuant ainsi, alors qu'il résulte de la jurisprudence... que les textes susvisés doivent être interprétés en ce sens que les passagers de vols retardés disposent du droit à indemnisation prévu par ce règlement."
Interprétations et citations légales
1. Règlement (CE) n° 261/2004 - Article 5
Cet article établit les droits des passagers en cas de refus d’embarquement, d’annulation ou de retard. Il déclare que les passagers ont droit à une assistance et, dans certains cas, à une indemnisation.
2. Règlement (CE) n° 261/2004 - Article 6 (Retards)
Cet article stipule que les passagers ont droit à une prise en charge, mais n’a pas été interprété comme excluant le droit à indemnisation pour un retard significatif.
3. Règlement (CE) n° 261/2004 - Article 7 (Indemnisation)
Ce dernier prévoit le droit à indemnisation, mais la cour a précisé que son application n'est pas exclusivement réservée aux annulations.
> "Le droit à indemnisation prévu par cet article doit être étendu aux retards significatifs, en conformité avec les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne (C-581/10 et C-629/10)".
En conclusion, la Cour de cassation a clairement établi que les passagers sont protégés par le règlement (CE) n° 261/2004 même en cas de retards, ce qui a conduit à l'annulation du jugement initial et à la réouverture de l'affaire devant une autre juridiction.