Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans un arrêt rendu le 16 septembre 2010, a examiné la demande de récusation présentée par M. Y... à l'encontre de Mme Z..., président de chambre, ainsi que la demande d'une cour composée de magistrats de sexes différents. M. Y... soutenait que Mme Z... avait manifesté un parti pris dans une décision antérieure le concernant et qu'une composition exclusivement féminine de la cour était problématique en matière d'équité. La Cour a rejeté la requête, constatant que le premier grief était sans objet car le jugement de l'appel avait été pris sans la participation de Mme Z..., et que le second grief, relatif à la composition de la cour, ne relevait pas d'un soupçon légitime de partialité.
Arguments pertinents
1. Sur le premier grief : La Cour a relevé que l'appel de M. Y... avait été jugé sans la présence de Mme Z..., rendant la demande de récusation pour parti pris dénuée d'objet. Elle a affirmé que "le premier grief est dépourvu d'objet".
2. Sur le second grief : La Cour a établi que la simple présence de magistrats d'un même sexe dans une juridiction collégiale ne suffisait pas à créer un soupçon légitime de partialité. Elle a précisé que "le seul fait qu'une juridiction collégiale soit composée de juges du même sexe n'est pas en soi de nature à faire peser sur ces juges un quelconque soupçon légitime de partialité".
Interprétations et citations légales
1. Articles de procédure civile :
- Code de procédure civile - Article 341 : Il établit les motifs pouvant justifier la récusation d'un magistrat. M. Y... a invoqué les alinéas 5° et 8° sur la partialité, mais la Cour a jugé que les preuves ne soutenaient pas cette accusation.
- Code de procédure civile - Article 356 : Cet article traite des délais et des conditions entourant la demande de récusation. La nécessité d'une présentation valide des motifs a été examinée dans le contexte.
2. Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- Article 6 §1 : Considérant le droit à un procès équitable, la Cour a établi que la composition de la juridiction ne méconnaît pas les exigences d'équité, affirmant que "cette circonstance ne méconnaît pas non plus les exigences du procès équitable".
- Article 14 : Concernant la non-discrimination, la Cour a affirmé que la composition de la cour ne portait pas atteinte à ce principe.
La décision illustre la position de la Cour de cassation sur le thème de la récusation des magistrats et souligne l'importance de preuves substantielles pour établir un soupçon légitime de partialité, ainsi que la reconnaissance du principe d'équité face à la question de la composition en termes de genre des juges.