Résumé de la décision :
La Cour de cassation, par un arrêt du 18 février 2015, a rejeté le pourvoi formé par le conseil de l'ordre des avocats au barreau de Papeete contre une décision de la cour d'appel de Papeete, qui avait annulé la décision refusant à la SELARL X... l'autorisation d'ouvrir un cabinet secondaire à Tahiti. La cour d'appel a estimé que la décision du conseil de l'ordre était erronée et que les conditions étaient remplies pour permettre l'implantation de ce cabinet, en soulignant que les motifs de refus fournis par le conseil de l'ordre n'étaient pas fondés.
Arguments pertinents :
1. Sur la rémunération d'apports d'affaires : La cour d'appel a statué que l'article 11-3 du règlement intérieur national (RIN) ne prohibe que les rémunérations d'apports d'affaires dans le cadre de la relation entre l'avocat et son client, et non dans le cadre des relations internes à un cabinet. Elle a constaté que la rémunération allouée à Me Y... ne constituait pas une violation de cette disposition.
> « [L'article 11-3 du RIN] ne concerne que les relations entre l'avocat et son client. »
2. Sur l'indépendance de Me Y... : La cour a relevé qu'il n'y avait aucune preuve que la collaboration avec la SELARL X... compromette l'indépendance de Me Y..., d'autant plus que le contrat de collaboration a été modifié pour garantir cette indépendance.
> « [Le contrat de collaboration] permet en effet de constater que tout a été mis en oeuvre pour que Me Y... puisse traiter ses dossiers personnels en toute indépendance. »
3. Sur le manque de preuve des accusations du conseil de l'ordre : La cour a aussi noté que le conseil de l'ordre n'avait pas fourni d'éléments concrets pour soutenir ses allégations concernant la rémunération pour apports d'affaires.
> « Aucun élément du dossier ne vient confirmer les allégations du conseil de l'ordre. »
Interprétations et citations légales :
1. Règlement Intérieur National (RIN) - Article 11-3 : Cet article stipule que la rémunération d'apports d'affaires est prohibée. Cependant, la Cour a interprété cet article comme ne s'appliquant qu'aux relations entre un avocat et son client, élargissant l'interpretation des relations d'affaires internes au sein d'un cabinet.
2. Décret du 12 juillet 2005 - Article 11 : Bien qu'il n'ait pas été explicitement cité dans l'arrêt, il est sous-entendu dans la réflexion de la Cour concernant les règles déontologiques régissant la profession d'avocat et le respect de l'indépendance professionnelle.
En conclusion, la Cour de cassation a renforcé le principe de l'indépendance des avocats tout en interprétant le cadre juridique applicable d'une manière qui permet une certaine flexibilité dans les arrangements professionnels, concrétisant ainsi une vision contemporaine de la pratique du droit au sein des cabines d'avocats.