Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans un arrêt rendu le 19 juin 2024, a rejeté le pourvoi de M. [W] [R] contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, qui avait déclaré irrecevable son appel contre l'ordonnance du juge des libertés et de la détention rejetant sa demande de mise en liberté. M. [R] avait été mis en examen et placé en détention provisoire depuis 2021. Son appel, formé par une lettre d'intention le 17 janvier 2024, a été jugé tardif car il avait eu la possibilité de signer la déclaration d'appel au greffe de l'établissement pénitentiaire le 18 janvier 2024.
Arguments pertinents
L'arrêt attaqué souligne que la lettre d'intention d'appel du 17 janvier 2024 ne peut pas être considérée comme une déclaration d'appel conforme aux exigences de l'article 503 du code de procédure pénale. Les juges de la cour d'appel ont établi que M. [R] n'était pas dans l'impossibilité de régulariser son appel lorsqu'il s'est présenté au greffe le 18 janvier 2024. Ils notent :
« ... l'intéressé, mis physiquement en mesure, dans le délai de la loi, de signer une telle déclaration, n'y ayant manifestement pas donné suite. »
En conséquence, l'appel a été déclaré irrecevable en raison du non-respect des délais prévus.
Interprétations et citations légales
La décision de la Cour repose principalement sur l'interprétation des articles 186 et 503 du code de procédure pénale. L'article 503 exige que l'appel soit formé par une déclaration, et non seulement par une lettre d'intention. La chambre de l'instruction a estimé que M. [R] avait eu amplement l'occasion de régulariser sa situation le 18 janvier 2024, lorsqu'il était présent pour signer un autre appel, ce qui démontre que les circonstances ne lui avaient pas fait obstacle à l'enregistrement de son appel contre l'ordonnance du 2 janvier 2024.
Ainsi, la chambre de l'instruction a statué sans méconnaître les textes en vigueur. En effet, l'article 186 précise les modalités de l'appel concernant les décisions des juges des libertés et de la détention, reconnaissant que :
« S'il ne s'est pas trouvé dans l'impossibilité de régulariser cet appel, il devait en faire usage dans les délais. »
Cette décision souligne l'importance d'une procédure rigoureuse et le respect des délais pour le dépôt des appels dans le système pénal français, consolidant l'idée que le simple fait d'exprimer une intention d'appel ne suffit pas en soi à constituer une déclaration valable.