Résumé de la décision :
La Cour de cassation, dans son arrêt du 20 décembre 2017, a annulé une décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bastia qui avait accepté la demande d'annulation des pièces d'une procédure contre deux accusés poursuivis pour association de malfaiteurs et diverses infractions liées aux explosifs. Les juges du fond avaient considéré que la perquisition et la saisie des preuves réalisées par des policiers, dans des conditions jugées irrégulières, constituaient un procédé déloyal. La Cour de cassation a estimé que l'irrégularité des actes de procédure invoquée ne pouvait pas être utilement soulevée par les mis en examen n'ayant aucun droit sur les lieux où la saisie avait eu lieu.
Arguments pertinents :
1. Invoquer l'irrégularité : La chambre de l'instruction avait fondé sa décision sur la notion de "procédé déloyal", affirmant que les policiers avaient agi en violant les règles de procédure. La Cour a cependant souligné que le simple non-respect des prescriptions relatives aux perquisitions et saisies n'est pas suffisant pour prouver l'existence d'un procédé déloyal, en l'absence d'une machination délibérée de l'autorité publique.
> « Le seul non-respect des prescriptions en matière de perquisition et saisie ne saurait constituer, en lui-même et en l'absence de toute machination ou stratagème, la démonstration de la mise en œuvre par l'autorité publique d'un procédé déloyal. »
2. Absence de droit sur les lieux : Il a été également mis en avant que les accusés ne pouvaient pas revendiquer aucun droit sur les lieux dans lesquels les preuves avaient été saisies. Cela a été fondamental dans la décision de la Cour, car cela implique que leur position pour contester validement les actes en question était inappropriée.
> « Les demandeurs ne pouvaient se prévaloir d'aucun droit sur les lieux où un carton et les sacs contenus par ce dernier ont été appréhendés. »
Interprétations et citations légales :
Les articles du Code de procédure pénale évoqués dans l'arrêt sont interprétés dans le cadre de la validité des actes de procédure, notamment en ce qui concerne les perquisitions et les saisies.
1. Code de procédure pénale - Article 56 : Cet article régit les conditions sous lesquelles une perquisition peut être réalisée. La Cour souligne que des agents ne respectant pas ces prescriptions ne peuvent contestées que par ceux qui ont un droit sur les lieux.
2. Code de procédure pénale - Article 78-2-2 : Cet article permet aux autorités de procéder à des contrôles identitaires dans le cadre d'enquêtes sur des infractions graves. Bien que cet article ait été mentionné dans l'arrêt, la Cour a rappelé que sa violation, en l'absence de préjudice ou de droit sur les lieux, ne suffit pas à entraîner l'annulation des actes.
3. Code de procédure pénale - Articles 57, 170 et 171 : Ces articles traitent de la régularité des actes judiciaires et des conditions de leur validité. Leur combinaison avec l'Article 56 établit que la contestation des actes de procédure doit être fondée sur des violations qui affectent directement les droits des parties impliquées.
En résumé, la décision confirme que la validité des actes de procédure, tels que les perquisitions et saisies, dépend non seulement des prescriptions procédurales mais aussi du droit des individus à invoquer ces irrégularités. La cour établit une distinction claire entre la présence d'une irrégularité procédurale et l'utilisation d'un procédé déloyal.