Résumé de la décision
L'affaire concerne M. Faysal X..., qui a formé un pourvoi contre un arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, daté du 15 juin 2017, relatif à des accusations d'infractions à la législation sur les stupéfiants et d'association de malfaiteurs. L'arrêt attaqué avait déclaré irrecevable la demande d'annulation d'actes de procédure fondée sur la partialité alléguée du juge d'instruction en raison de l'absence de mise en œuvre de la procédure de récusation. La Cour de cassation a cassé cet arrêt en considérant que la chambre de l'instruction aurait dû examiner la recevabilité de la requête au regard du principe d'impartialité sans exiger le préalable de la récusation.
Arguments pertinents
L'arrêt de la Cour de cassation repose sur plusieurs points clés liés à la recevabilité de la requête en annulation :
1. Incompatibilité de l'irrecevabilité : La chambre de l'instruction avait jugé que M. X... n'était pas recevable à demander l'annulation d'actes de procédure basés sur l'impartialité du juge, car il n'avait pas initié la procédure de récusation prévue par l'article 668-9° du Code de procédure pénale. La Cour de cassation a estimé que cette interprétation méconnaît le bien-fondé du principe d'impartialité, affirmant que "l'exigence d'impartialité s'impose aux juridictions d'instruction à l'encontre desquelles le grief peut être invoqué indépendamment de la mise en œuvre des procédures de récusation ou de renvoi".
2. Compétence de la chambre de l'instruction : La Cour souligne que la chambre de l'instruction a la compétence pour apprécier la régularité des actes d'instruction et que M. X... devait pouvoir invoquer le manque d'impartialité du juge d'instruction sans préalablement avoir introduit une demande de récusation.
Interprétations et citations légales
L'arrêt repose sur plusieurs textes légaux et principes fondamentaux :
- Code de procédure pénale - Article préliminaire : Cet article établit le principe de l'impartialité qui s'applique à tous les magistrats, incluant les juges d'instruction. Il stipule que toute personne a droit à un procès équitable, impliquant une impartialité de la part du juge.
- Code de procédure pénale - Article 668-9° : Cet article permet la récusation d'un juge si des faits graves sont susceptibles de faire douter de son impartialité. La chambre de l'instruction a imposé une condition qui ne devait pas freiner l'invocation du principe d'impartialité dans le cadre d'une demande d'annulation.
- Convention européenne des droits de l'homme - Article 6, §1 : Ce texte garantit le droit à un procès équitable, fondamentalement en exigeant que les juges soient impartiaux. La Cour utilise cet article pour renforcer l'importance d'un traitement juste et impartial dans toutes les phases judiciaires.
Conclusion
La décision de la Cour de cassation rappelle l'importance des principes d'impartialité au sein de la justice, et met en lumière que le droit d'invoquer ce principe ne peut être conditionné à des procédures de récusation. La cassation de l'arrêt de la chambre de l'instruction ouvre la voie à une réévaluation de la demande d'annulation d'actes de procédure en prenant pleinement en compte ces principes juridiques fondamentaux.