Résumé de la décision
La Cour de cassation, troisième chambre civile, a rendu une décision le 21 janvier 2013 concernant un pourvoi formé par Mme X... contre un arrêt de la cour d'appel de Saint-Denis daté du 10 février 2012. Mme X... a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) affirmant que l'article L. 143-14 du code rural et de la pêche maritime violait le droit à un recours juridictionnel effectif, tel que garanti par l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Cependant, la Cour de cassation a déclaré cette question irrecevable, considérant qu'elle ne concernait en réalité que des dispositions réglementaires, spécifiquement l'article R. 143-11 du même code, qui régissent la manière dont le délai de recours débute.
Arguments pertinents
La Cour a articulé plusieurs points clés:
1. Nature des dispositions contestées : La Cour a souligné que la question posée par Mme X... ne portait pas sur une disposition législative, mais sur des règles de nature réglementaire. Selon la Cour, "la question posée ne tend qu'à discuter la conformité au principe constitutionnel invoqué des dispositions de l'article R. 143-11".
2. Inadmissibilité de la QPC : La Cour a précisé que les dispositions réglementaires ne peuvent pas faire l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité, ce qui a conduit à la décision d'irrecevabilité. La formulation "ces dispositions, de nature réglementaire, ne peuvent faire l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité" illustre cette position.
Interprétations et citations légales
Les dispositions législatives et réglementaires pertinentes citées dans cette décision sont :
- Code rural et de la pêche maritime - Article L. 143-14 : Bien que Mme X... ait contesté cet article, la question posée ne concernait en réalité pas sa conformité.
- Code rural et de la pêche maritime - Article R. 143-11 : Cet article régit les modalités d'affichage en mairie, constituant le point de départ du délai de recours. La Cour a relevé que les modalités de commencement du recours, bien que contestées, sont de nature réglementaire et, par conséquent, échappent au contrôle de constitutionnalité par voie de QPC.
En résumé, la décision illustre un point fondamental du droit français : la distinction entre normes législatives et réglementaires, et le fait que seule la première peut être soumise à un contrôle de constitutionnalité dans le cadre d'une QPC.