Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans sa décision du 21 juin 2012, déclare irrecevable l'intervention volontaire de M. X..., qui a formé une demande sans la signature d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, ce qui est requis dans les matières où la représentation est obligatoire. La Cour a également statué sur une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, concluant que la question ne présente pas un caractère sérieux et qu'il n'est pas nécessaire de la renvoyer au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'intervention : La décision souligne que, conformément aux articles 68 et 126-9 du Code de procédure civile, les observations des parties devant la Cour de cassation doivent être signées par un avocat dans les cas de représentation obligatoire. M. X... a soumis une lettre non signée par un avocat, entraînant ainsi l'irrecevabilité de son intervention. La Cour affirme que "son intervention n'est pas recevable" en raison du non-respect de cette exigence procédurale.
2. Considérations sur la QPC : Concernant la question prioritaire de constitutionnalité, la Cour note que "la question posée ne présente pas un caractère sérieux", arguant que le fait de restreindre l'accès à l'aide juridictionnelle aux actions non manifestement irrecevables ou dénuées de fondement ne porte pas atteinte aux principes d'égalité et de recours effectif. L'existence de voies de recours contre le refus d'aide judiciaire et la possibilité d'obtenir le remboursement des frais exposés confirment que les droits des justiciables ne sont pas substantiellement atteints.
Interprétations et citations légales
1. Article 68 et 126-9 du Code de procédure civile : Ces articles établissent les règles relatives à la représentation légale dans certains contentieux. L’exigence de signature par un avocat est un garde-fou procédural permettant d’assurer la qualité et la régularité des interventions devant la Cour de cassation. La décision rappelle que "les observations des parties [...] doivent être signées par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, dans les matières où la représentation est obligatoire".
2. Article 7 de la loi n° 91-647 : Cet article constitue le cœur de la contestation relative à l'aide juridictionnelle. Bien que la question soit considérée comme n'étant pas nouvelle, la Cour confirme que la disposition ne porte pas atteinte aux droits garantis par la Constitution ou la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, précisant que "la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit". Cette interprétation souligne la légitimité des restrictions en fonction de l'intérêt général.
La décision de la Cour de cassation, insistant sur le respect des règles procédurales et l’objectivité des critères d’attribution de l'aide juridictionnelle, contribue à la clarification des droits des justiciables tout en accentuant la nécessité de rigueur dans la procédure judiciaire.