Résumé de la décision
L'arrêt n° 287 F-D de la Cour de cassation, rendu le 22 mars 2018, concerne un litige entre M. Jérôme B... et la SCI Erleac sur la revendication du statut des baux commerciaux. M. B..., après avoir acquis un fonds de commerce locataire d’un terrain nu, a demandé la reconnaissance de ce statut et le paiement d'une indemnité d'éviction. La cour d'appel de Bordeaux a rejeté ses demandes, décision confirmée par la Cour de cassation qui a considéré que la baraque mobile installée sur le terrain ne constituait pas une construction au sens du droit commercial, et que par conséquent, le statut des baux commerciaux ne s’appliquait pas.
Arguments pertinents
Dans son jugement, la Cour a souligné le fait que, selon l'article L. 145-1 du code de commerce, le statut des baux commerciaux s'applique aux terrains nus uniquement si des constructions destinées à l'usage commercial ont été élevées avec le consentement du bailleur. La Cour a constaté que :
1. Le bail concernait un terrain nu.
2. La baraque de type "Algeco", sans fondation, ne constituait pas une construction au sens légal, ce qui empêche l’application du statut des baux commerciaux.
La cour d'appel a donc justifié sa décision en affirmant que « ne s'agit pas là d'une construction au sens des dispositions précitées » et que par conséquent, « le statut des baux commerciaux n'est pas applicable ».
Interprétations et citations légales
L'article L. 145-1 du code de commerce est central dans cet arrêt, établissant les conditions dans lesquelles le statut des baux commerciaux s'applique. Voici la structure et une citation pertinente de cet article :
- Code de commerce - Article L. 145-1 : « Le statut des baux commerciaux s'applique aux baux des terrains nus sur lesquels ont été édifiés, soit avant, soit après le bail, des constructions à usage commercial, industriel ou artisanal, à condition que ces constructions aient été élevées ou exploitées avec le consentement exprès du bailleur. »
La décision de la Cour de cassation s'appuie sur cette clarification du cadre juridique : l’absence d'une construction au sens du droit commercial sur un terrain nu empêche la reconnaissance du statut des baux commerciaux. Elle a également relevé que la cour d'appel n’était pas tenue de rechercher si la baraque existait avant la conclusion du bail, car cela n'aurait pas changé l’issue de l'affaire.
Ces interprétations renforcent l'idée que les caractéristiques matérielles d'une construction doivent répondre à certains critères de conformité pour bénéficier du statut protecteur des baux commerciaux, une protection qui est en réalité suspendue lorsque les caractéristiques de la construction sont insuffisantes pour être considérées comme telles.