Résumé de la décision
La Cour de Cassation, dans un arrêt rendu le 23 septembre 2014, a annulé l'arrêt de la cour d'appel de Rennes qui avait annulé un avis à tiers détenteur émis à l'encontre de la société Le Tadorne concernant le paiement d'une taxe locale d'équipement et d'une taxe départementale des espaces naturels sensibles. La cour a jugé que les délais de paiement ne devaient pas être différés au-delà de la date à laquelle la décision contestée était devenue définitive, soit le 16 février 2010, et que l'administration fiscale n'était pas tenue d'attendre pour émettre l'avis à tiers détenteur.
Arguments pertinents
1. Exigibilité des taxes : La Cour de Cassation a rappelé que, selon l'article 1723 quater du code général des impôts, l'exigibilité des taxes est intangible et ne dépend pas de l'issue d'une contestation du permis de construire par un tiers. Elle cite explicitement que « l'exigibilité des taxes est intangible », soulignant que le paiement des taxes ne peut être différé indéfiniment même en cas de recours.
2. Délais de paiement : La cour a précisé que l'article L. 278 du livre des procédures fiscales ne fait que différer l'obligation de paiement jusqu'à la décision définitive. En conséquence, les délais de paiement des taxes doivent être calculés à partir des échéances établies en fonction de la date de délivrance du permis de construire et non de la date de la décision de la cour administrative d'appel.
Interprétations et citations légales
1. Article 1723 quater du code général des impôts : Cet article stipule que les acomptes de taxes locales sont exigibles respectivement de manière échelonnée en fonction de la délivrance du permis de construire. Son interprétation par la Cour de Cassation montre que le début du délai de paiement ne peut être repoussé au-delà des limites définies par les textes, indépendamment des recours en justice.
2. Article L. 278 du livre des procédures fiscales : Cet article précise que « le paiement des impositions est différé jusqu'au prononcé d'une décision juridictionnelle devenue définitive ». La Cour a interprété cela comme impliquant que ce différé ne s'applique qu'à l’exigibilité si les modalités de paiement avaient déjà été établies par les articles financiers pertinents. La cour a ainsi relevé que dans l'affaire présente, la décision de la cour administrative d’appel était intervenue le 16 février 2010, mais cela ne pouvait pas affecter la date d'exigibilité déjà fixée pour les acomptes.
Conclusion
La décision de la Cour de Cassation précise que les textes fiscaux encadrent strictement les obligations de paiement des taxes et que les délais ne peuvent être indûment prolongés par des recours administratifs, et confirme ainsi l'exigibilité instantanée des acomptes, indépendamment des contestations. Cette approche vise à éviter des abus dans le différé fiscal et à garantir que les contribuables respectent leurs obligations en temps voulu.