Résumé de la décision :
La Cour de cassation, dans son arrêt du 24 juin 2014, a rejeté le pourvoi formé par la société Foncière Paris Nord et M. X... contre l'ordonnance du premier président de la cour d'appel de Paris du 14 mai 2013, qui avait déclaré irrecevable leur requête visant à suspendre la procédure de sanction de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Les requérants soutenaient qu'une suspension avait été établie autour de la procédure de sanction, mais la cour a jugé que la lettre de la présidente de la commission des sanctions ne constituait pas une décision individuelle et qu'elle n'entravait pas les prévisions des articles déontologiques concernés.
Arguments pertinents :
1. Irrecevabilité de la requête : La Cour a confirmé que le courrier informant des dates de la commission ne constituait pas une décision individuelle, ne pourrait donc être considéré comme un acte décisionnel constitutionnant des droits pour la société ou M. X... :
> « la lettre de la présidente de la commission des sanctions informant les conseils de la société et de M. X... de la date de la séance de la commission les concernant ne constituait pas une décision individuelle entrant dans les prévisions de l'article L. 621-30 du code monétaire et financier ».
2. Procédures et compétences de l'AMF : Le jugement a souligné que seule la commission des sanctions de l'AMF était compétente pour prononcer un sursis à statuer ou une suspension de procédure, excluant ainsi toute auto-attribution de droits de la part de la société ou de M. X... en se basant sur des correspondances non juridiques :
> « la commission des sanctions était seule compétente pour se prononcer sur le sursis à statuer voulu par les requérants... ».
Interprétations et citations légales :
1. Application de L619-30 et L621-15 : Les articles L. 621-15 et L. 621-30 du Code monétaire et financier stipulent que les décisions de la commission des sanctions doivent être des actes individuels, ce qui n'était pas le cas ici, et ainsi :
- Code monétaire et financier - Article L. 621-15 : Cela installe les modalités des décisions dont la nature individuelle ne peut être contestée que si elles respectent des normes précisées par ce même code.
- Code monétaire et financier - Article L. 621-30 : Celui-ci concerne les recours contre les décisions individuelles, confirmant le cadre procédural au sein desquelles les droits des parties doivent être respectés, ce qui n'était pas vérifié dans l'instance considérée.
2. Conséquences d'une décision inappropriée : Même en cas d'absence de compétence ou d'irrégularité procédurale, la Cour a souligné que des actes émis par une autorité peuvent conserver un caractère décisoire, mais cela ne s'appliquait pas dans le cas présent où l'absence d'une décision formelle et appropriée a été mise en avant :
- Code monétaire et financier - Article L. 621-9 : Cet article indique que la communication erronée ne confère pas, par défaut, un caractère décisoire à l'acte, point que la Cour a invoqué pour justifier son rejet.
En conclusion, la décision repose sur une interprétation stricte des compétences des organes de l'AMF, ainsi que le besoin que seule une décision dûment rendue et formelle puisse être considérée comme ayant un poids juridique.