Résumé de la décision
Dans un arrêt rendu le 26 septembre 2013, la Cour de cassation, deuxième chambre civile, a rejeté le pourvoi forme par M. et Mme X... contestant la décision de la cour d'appel de Colmar du 9 juin 2011 qui avait débouté leur demande de récusation à l'encontre de Mme Y..., juge au tribunal de grande instance de Strasbourg. Les époux X... faisaient valoir des raisons d'impartialité liées à une précédente décision rendue par Mme Y... à leur encontre dans une affaire distincte. La cour d'appel avait également condamné les demandeurs aux dépens et à une amende civile de 1 500 euros.
Arguments pertinents
1. Sur la demande d'aide juridictionnelle : La Cour de cassation a jugé que la cour d'appel n'avait pas méconnu l'article 25 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique en statuant, car M. et Mme X... avaient été régulièrement avisés de la date de l'audience et n'avaient demandé l'aide juridictionnelle qu'après le début du délibéré. Ce constat permet de soutenir que la cour d'appel est libre d'apprécier la pertinence des causes de récusation invoquées, sans obligation d'attendre la désignation d'un avocat.
- Citation : « c'est sans méconnaître les dispositions susvisées que la cour d'appel, appréciant souverainement la pertinence des causes de récusation alléguées, a statué comme elle l'a fait ».
2. Sur l'impartialité du juge : La Cour a également confirmé que l'exigence d'impartialité ne peut être analysée que sous un prisme objectif. La simple mention par M. et Mme X... d'une précédente décision ne suffit pas à établir un « parti pris » contre eux. La cour d'appel a estimé que le litige en cours était distinct de l'affaire précédente et que cela ne constituait pas un motif valable de récusation.
- Citation : « Cette circonstance ne caractérisait pas en effet une ‘connaissance de l'affaire’ au sens de l'article 341,5° du Code de procédure civile, ni ne préjugeait de la partialité alléguée de Madame Y... à leur encontre ».
Interprétations et citations légales
1. Article 25 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : Cet article stipule que l'aide juridictionnelle doit garantir aux demandeurs qu'ils soient assistés d'un avocat lorsque leur situation le justifie, ce qui renforce le droit à un procès équitable. La cour a considéré que l'assistance d'un avocat n'était pas une condition préalable dans le cas présent, car la demande n'avait pas été faite avant le délibéré.
- Citation : « la cour d'appel a statué comme elle l'a fait ».
2. Code de procédure civile - Article 341 : Cet article énonce les causes de récusation d'un juge. La Cour a interprété que la distinction entre le litige présent et le litige antérieur ne constituait pas une cause de récusation au sens de cet article. Cela souligne l'importance de la perception objective de l'impartialité, renforçant ainsi le cadre légal de protection contre les préventions.
- Citation : « la récusation d'un juge ne peut être admise que pour l'une ou plusieurs des causes déterminées par l'article 341 du Code de procédure civile ».
En somme, l'arrêt souligne l'importance de la séparation entre différents litiges et la nécessité d'éléments concrets pour justifier une récusation, tout en assurant le respect des droits processuels des parties.