Résumé de la décision
La Cour de cassation, chambre sociale, a annulé le jugement du tribunal d'instance de Toulouse qui avait annulé la désignation de M. X... en qualité de membre du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'établissement « Direction opérationnelle territoriale » (DOTC) « Niveau opérationnel déconcentré » (NOD) courrier Midi-Pyrénées Sud. La cour a statué que la désignation était conforme aux principes juridiques en vigueur, soulignant qu'il revient au CHSCT de ce niveau d'assurer la surveillance du service de santé au travail, peu importe les autres comités locaux en place.
Arguments pertinents
La Cour de cassation a fondé son raisonnement sur plusieurs éléments juridiques clés. Le jugement du tribunal d'instance a été annulé au motif qu'il avait appliqué une interprétation restrictive des règles régissant la désignation des membres du CHSCT.
Elle a indiqué que :
1. En vertu de l'alinéa 8 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 et des articles 9 et 10 du décret n° 2011-619 du 31 mai 2011, « tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises ».
2. Le tribunal a mal interprété l'article 20 du décret, qui stipule que « les représentants du personnel dans les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail sont désignés parmi les personnels affectés dans le service ou l'établissement pour lequel est institué le comité » en excluant les travailleurs relevant d'un service de santé au travail commun.
En conséquence, la Cour a conclu que le CHSCT de « Niveau opérationnel déconcentré » était le bon niveau pour représenter M. X... et que la désignation de celui-ci était légitime.
Interprétations et citations légales
La décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation élargie des textes régissant la représentation des travailleurs dans les comités de sécurité :
- Constitution – Alinéa 8 du préambule du 27 octobre 1946 : Ce texte établit le droit pour tout travailleur de participer à la gestion des entreprises à travers ses délégués. Cela donne une fonction essentiel aux délégués du personnel au lieu d'une représentation purement locale.
- Décret n° 2011-619 du 31 mai 2011 – Articles 9 et 10 : Ces articles précisent que chaque service doté d'un comité technique a un service de santé au travail sous la surveillance du CHSCT correspondant. La Cour a souligné que « tous les travailleurs relevant d'un même service de santé au travail peuvent être désignés membre du CHSCT ».
L’interprétation adoptée par la Cour de cassation clarifie que le périmètre d’action du CHSCT est plus large que le simple lien avec un CHSCT local, centralisant ainsi la représentativité des travailleurs réunis sous une même structure de santé au travail.
En dépit de la désignation de M. X... dans un CHSCT local, le rattachement à un service plus large justifie cette désignation, renforçant ainsi l’idée que la santé et la sécurité au travail doivent être abordées sous un angle collectif plus inclusif.