Résumé de la décision
La Cour de cassation a cassé et annulé l'arrêt de la cour d'appel d'Amiens qui avait déclaré recevable l'action en reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur introduite par Mme Maria Z... et les époux X..., parents du salarié mortellement accidenté. La Cour a estimé que le délai de prescription biennale de l'action était expiré, car l'effet interruptif lié à l'exercice de l'action pénale ne pouvait s'appliquer à ceux qui n'avaient pas été parties à cette instance, et il est précisé que la décision ayant mis fin à l'action pénale avait été considérée comme finale.
Arguments pertinents
1. Interruption de la prescription : L'article L. 431-2 du code de la sécurité sociale stipule que la prescription est interrompue par l'exercice de l'action pénale pour les mêmes faits, et que cet effet subsiste jusqu'à l'irrévocabilité de la décision. La Cour a observé que l'action pénale avait été engagée par le procureur de la République avant le début de l'action en reconnaissance de la faute inexcusable. Cependant, la décision de non-admission du pourvoi formé par M. Y... a mis fin à cette suspension.
2. Absence de parties à l’action pénale : La cour d'appel avait retenu que l'action de Mme Z... et des époux X... n'était pas prescrite parce qu'ils n'avaient pas été partie à l'instance pénale, ni n'avaient eu connaissance de la décision de non-admission. Toutefois, la Cour de cassation a considéré que, même si ils n’étaient pas parties, cela ne changeait pas le fait que le délai de prescription avait redémarré avec la décision définitive intervenue en 2004.
3. Décision finale et prescription : Avec la confirmation que toutes les voies de recours étaient épuisées au 20 janvier 2004, la Cour de cassation en déduit que le délai de prescription avait recommencé à courir, ce qui entraîne l'irrecevabilité de l'action de Mme Z... et des époux X... engagée en 2008.
Interprétations et citations légales
La décision de la Cour de cassation repose sur l'interprétation précise de l'article L. 431-2 du Code de la sécurité sociale. Voici des passages clés de la décision :
- "Attendu que la prescription biennale de l'action en reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur étant interrompue… cet effet interruptif subsiste jusqu'à la date à laquelle la décision ayant statué sur cette action est devenue irrévocable."
- "Qu'en statuant ainsi, la cour d'appel a violé le texte susvisé."
Cette interprétation montre que la cour d'appel a mal appliqué la loi en se basant sur la simples absence de parties aux procédures pour établir la recevabilité de l'action, négligeant le fait essentiel que la prescription était déjà redevenue applicable dès lors que toutes les voies de recours dans l'action pénale étaient épuisées.
En somme, la Cour de cassation rappelle ici le caractère strict de la prescription en matière de faute inexcusable et l'importance de l'effet interruptif de l'action pénale, tout en mettant en avant que ce principe s'applique seulement si les parties concernées ont été dûment impliquées dans ladite action pénale.