Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi concernant la recevabilité de la demande de relevé de forclusion faite par la société Signalisation accessoires revêtements réflecteurs (SARR) à l'égard de la société Inotecno, en redressement judiciaire. Le juge-commissaire avait déclaré cette demande irrecevable comme tardive, estimant que la requête devait être formée dans les délais fixés par le code de procédure civile et en tant que demande en justice, ce qui n'avait pas été respecté par la société SARR. La Cour de cassation a cassé l'arrêt de la cour d'appel de Besançon, affirmant que la demande de relevé de forclusion pouvait être faite par requête adressée au greffe, sans les formalités jugées excessives par la cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Sur la nature de la demande : La Cour a souligné que la demande en relevé de forclusion ne devait pas être considérée comme une demande en justice soumise aux formalités de l'article 54 du code de procédure civile. Cette interprétation a été contestée par la Cour de cassation, qui a affirmé que cette demande pouvait être formée directement auprès du juge-commissaire et ne nécessitait pas d'être introduite par assignation ou requête au greffe.
2. Concernant les délais : En se fondant sur l'article L. 622-26 du code de commerce, la Cour de cassation a clarifié que la société SARR aurait pu bénéficier d’un délai d'un an à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC. La cour d'appel a erronément appliqué le calcul du délai, ce qui a eu pour conséquence de déclarer irrecevable une demande qui aurait pu être recevable si elle avait été correctement interprétée.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation des délais : La Cour de cassation a rappelé que, selon le Code civil - Article 641, un délai exprimé en jours ne compte pas le jour de l'événement qui le fait courir, tandis qu'un délai exprimé en mois ou en années s'achève le jour du dernier mois ou de la dernière année qui porte le même quantième. Cela signifie que pour la SARR, si le délai de un an commençait le 7 avril 2009, il aurait dû se terminer le 7 avril 2010 à la fin de la journée.
2. Rappel du cadre légal : L'application de l'article L. 622-26 du code de commerce est essentielle dans cette affaire, car il établit les modalités de déclaration de créance et de demande de relevé en cas de forclusion. La Cour a donc mis en lumière que cette demande n’était pas soumise aux mêmes exigences procédurales qu'une demande classique devant les juridictions, ce qui remet en question les modalités de forme imposées par la cour d'appel.
La décision de la Cour de cassation a ainsi éclairé la bonne compréhension des procédures afférentes à la déclaration de créance dans le cadre des procédures collectives et a insisté sur la nécessité d'une application plus souple des règles procédurales dans ces contextes spécifiques.