Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi formé par Jean Baptiste Y... contre une ordonnance du juge de l'expropriation du tribunal de grande instance de Marseille, datée du 20 février 1963, qui a prononcé l'expropriation d'une parcelle de terre (cadastre n° 425) au profit de la commune de Saint-Cannat, suite à un arrêté préfectoral déclarant d'utilité publique l'aménagement d'une place publique. Le pourvoi soulève plusieurs moyens d'irrégularité concernant les formalités administratives de l'enquête parcellaire, mais la Cour de cassation rejette le pourvoi, considérant que les moyens avancés ne sont pas fondés.
Arguments pertinents
1. Confusion de numéros de parcelle : Le pourvoi soutient qu'il y avait une confusion dans les numéros de parcelle, l'arrêté préfectoral et les délibérations du conseil municipal mentionnant le numéro 429 au lieu de 425. La Cour répond que cette confusion a été corrigée par l'indication de la contenance de la parcelle et par le plan, et qu'il n'y avait pas d'incertitude sur la désignation de la parcelle expropriée. Elle conclut que "le moyen n'est pas fondé".
2. Irregularités dans l'enquête administrative : Plusieurs irrégularités sont évoquées, notamment l'absence d'orientation sur le plan cadastral et des modifications dans le rapport du commissaire enquêteur. La Cour rappelle que le juge de l'expropriation doit se limiter à vérifier l'accomplissement des formalités légales et ne peut apprécier la régularité de fond des actes administratifs. Elle déclare que "le moyen doit être rejeté".
3. Délai de notification : Le demandeur prétend avoir reçu l'avis de notification d'expropriation avec retard, ce qui aurait pu le rendre forclos. La Cour précise que le délai de pourvoi ne commence à courir qu'à partir de la notification, rendant ce moyen sans portée.
4. Présence du commissaire enquêteur : Le pourvoi affirme que le commissaire enquêteur n'était pas présent aux heures prévues. Cependant, la Cour se réfère au procès-verbal du commissaire, qui atteste de sa présence, et conclut que "le moyen n'est pas fondé".
Interprétations et citations légales
1. Sur la confusion de numéros : La Cour souligne que la rectification de la confusion de numéros a été effectuée dans l'arrêté de cessibilité, conforme aux exigences de clarté dans l'identification des parcelles expropriées. Cela renvoie à l'importance de la précision dans les actes administratifs, mais aussi à la capacité du juge à interpréter ces actes en fonction des éléments matériels présentés.
2. Sur les formalités administratives : La décision rappelle que le juge de l'expropriation n'est pas compétent pour juger de l'utilité publique des travaux projetés, ce qui est un principe fondamental en matière d'expropriation. Cela se fonde sur le Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, qui établit que le juge doit se limiter à la vérification des formalités (Code de l'expropriation - Article 1).
3. Délai de notification : La Cour précise que le délai de pourvoi ne commence qu'à compter de la notification, ce qui est conforme aux règles de procédure civile (Code de procédure civile - Article 901). Cela garantit le droit à un recours effectif.
4. Sur la présence du commissaire enquêteur : La vérification de la présence du commissaire enquêteur et la conformité de ses rapports sont essentielles pour assurer la transparence de l'enquête publique, conformément aux exigences de la loi sur l'expropriation (Code de l'expropriation - Article 9).
En conclusion, la décision de la Cour de cassation rejette le pourvoi en raison de l'absence de fondement des moyens soulevés, affirmant ainsi la légalité des procédures d'expropriation et l'importance de la rigueur dans les actes administratifs.