Résumé de la décision
La décision concerne une ordonnance d'expropriation pour cause d'utilité publique prononcée par le président du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer, en date du 28 juin 1960, relative à des terrains appartenant à dame veuve X... dans le cadre de l'aménagement d'une zone industrielle. L'ordonnance a été annulée par la Cour de cassation en raison de l'absence de vérification des formalités légales requises, notamment la publication des arrêtés déclarant l'utilité publique des travaux et la certification de cette publication par le maire.
Arguments pertinents
1. Vérification des formalités légales : La Cour souligne que le président du tribunal doit s'assurer que toutes les formalités prescrites par la loi ont été respectées avant de rendre une ordonnance d'expropriation. Cette obligation est essentielle pour garantir la légalité de la procédure d'expropriation.
> "LE PRESIDENT DU TRIBUNAL DOIT, AVANT DE RENDRE UNE ORDONNANCE D'EXPROPRIATION POUR CAUSE D'UTILITE PUBLIQUE VERIFIER SI TOUTES LES FORMALITES PRESCRITES PAR LA LOI ONT ETE ACCOMPLIES."
2. Caractère substantiel des formalités : La Cour a noté que les formalités de publication des arrêtés et de certification par le maire sont de nature substantielle. Leur absence constitue un vice de forme qui entraîne l'annulation de l'ordonnance.
> "CES FORMALITES EDICTEES PAR L'ARTICLE SUSVISE AYANT UN CARACTERE SUBSTANTIEL, IL SUIT DE LA QUE LE DEFAUT DE VISA DES PIECES APPORTANT LA PREUVE DE LEUR ACCOMPLISSEMENT CONSTITUE UN VICE DE FORME."
Interprétations et citations légales
L'article 3, alinéa 3, du décret-loi du 30 octobre 1935 relatif à l'expropriation pour cause publique impose des obligations précises au président du tribunal. Cet article stipule que l'expropriation ne peut être prononcée que si les formalités de publicité et de certification ont été respectées.
- Décret-loi du 30 octobre 1935 - Article 3 : Cet article impose que les arrêtés déclarant l'utilité publique des travaux doivent être publiés de manière adéquate et que cette publication doit être certifiée par le maire. L'absence de ces éléments constitue un manquement aux exigences légales.
La décision de la Cour de cassation rappelle ainsi l'importance de ces formalités pour assurer la légalité et la transparence des procédures d'expropriation, soulignant que le respect des règles de droit est fondamental pour protéger les droits des propriétaires concernés.
En conclusion, la décision illustre la rigueur avec laquelle les tribunaux doivent examiner les procédures d'expropriation, en veillant à ce que toutes les étapes légales soient scrupuleusement respectées pour éviter toute forme d'arbitraire.