Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par le procureur général près la cour d'appel de Bourges, contre un arrêt du 1er avril 1965 qui avait relaxé X... d'une infraction à la réglementation sur la fermeture hebdomadaire des boulangeries. X... avait vendu du pain un dimanche, ce qui contrevenait à un arrêté préfectoral interdisant cette vente. La cour a finalement cassé l'arrêt de la cour d'appel, considérant que la vente de pain dans une succursale d'une boulangerie industrielle était soumise aux mêmes interdictions que celles applicables aux boulangeries artisanales.
Arguments pertinents
1. Application de l'arrêté préfectoral : La cour a souligné que l'arrêté préfectoral du 26 mai 1932 s'applique de manière générale à toutes les boulangeries du département du Cher, sans distinction entre boulangeries artisanales et industrielles. Elle a affirmé que "la vente du pain dans les succursales d'une boulangerie industrielle rentre dans les prescriptions générales de l'arrêté".
2. Distinction entre boulangeries : Bien que X... ait soutenu que sa boulangerie industrielle constituait une profession distincte, la cour a rejeté cet argument en précisant que "la vente du pain dans les succursales d'une boulangerie industrielle ne saurait, par ce seul fait, échapper à ladite interdiction".
3. Consultation des syndicats : La cour a également noté que le fait que l'établissement de X... n'appartienne pas aux syndicats consultés par le préfet ne le dispensait pas de respecter les dispositions de l'arrêté, soulignant qu'aucune analogie n'existait entre les succursales de vente de pain et d'autres types de commerces.
Interprétations et citations légales
1. Article 43A du Code du travail : Cet article confère aux préfets la faculté d'ordonner la fermeture des établissements d'une profession déterminée. La cour a interprété cet article comme s'appliquant à toutes les boulangeries, y compris les industrielles, en raison de la formulation générale de l'arrêté préfectoral.
> "Ce texte confère aux préfets la faculté d'ordonner par arrêté, sur la demande des syndicats intéressés, la fermeture au public des établissements d'une profession et d'une région déterminées pendant toute la durée du repos hebdomadaire."
2. Arrêté préfectoral du 26 mai 1932 : La cour a mis en avant que cet arrêté interdit la vente de pain le dimanche dans tout le département, sans exception pour les boulangeries industrielles.
> "L'arrêté préfectoral du 26 mai 1932 est conçu dans les termes les plus généraux et interdit, le dimanche, la vente et le colportage du pain, dans tout le département du Cher."
3. Article 38 du Code du travail : Bien que cet article permette aux boulangeries industrielles de donner à leur personnel le repos hebdomadaire par roulement, cela ne les exempte pas des obligations imposées par l'arrêté préfectoral.
> "Les boulangeries industrielles sont admises de droit, par application de l'article 38 du livre II du Code du travail, à donner à leur personnel le repos hebdomadaire par roulement."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a réaffirmé l'importance de respecter les réglementations en matière de fermeture hebdomadaire des boulangeries, indépendamment de la nature de l'établissement, qu'il soit artisanal ou industriel.