Résumé de la décision
Dans cette affaire, X..., inculpé d'abus de confiance et d'escroquerie, a été arrêté à Alger le 28 septembre 1966 dans le cadre d'un mandat d'arrêt international délivré par un juge d'instruction français. Après son transfert en France le 16 novembre 1966, il a demandé une mise en liberté provisoire, qui a été rejetée par le juge d'instruction. La chambre d'accusation de la Cour d'appel de Paris a confirmé cette décision, considérant que le délai de prolongation de la détention préventive ne commençait à courir qu'à partir de son écrou en France.
Arguments pertinents
1. Point de départ du délai de détention : La chambre d'accusation a statué que le délai de quatre mois prévu par l'article 139 du Code de procédure pénale ne commence à courir qu'à partir du moment où l'inculpé est écroué sur le territoire national. En l'espèce, cela a été jugé comme étant le 16 novembre 1966, date à laquelle X... a été effectivement écroué en France.
> "Le délai de quatre mois prévu par l'article 139 du Code de procédure pénale ne commence à courir qu'à partir du jour où l'inculpé a été écroué sur le territoire national."
2. Validité de l'arrestation à l'étranger : La décision souligne que l'arrestation de X... à Alger a été effectuée conformément aux règles d'extradition, et que cette arrestation ne constitue pas un point de départ pour le calcul du délai de détention préventive en France.
> "L'arrestation à Alger, de l'inculpé, objet du mandat d'arrêt, a été opérée conformément aux règles particulières régissant la matière de l'extradition."
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Article 139 : Cet article stipule que la détention préventive ne peut être prolongée au-delà d'un certain délai sans décision du juge. La chambre d'accusation a interprété cet article comme ne s'appliquant qu'à partir du moment où l'inculpé est sous la juridiction française.
> "Le délai de quatre mois prévu par l'article 139 du Code de procédure pénale ne commence à courir qu'à partir du jour où l'inculpé a été écroué sur le territoire national."
2. Convention franco-algérienne du 27 août 1964 : Cette convention régit les modalités d'extradition entre la France et l'Algérie. La décision indique que l'État requis d'extradition doit concourir à l'exécution du mandat d'arrêt, mais cela ne modifie pas le point de départ du délai de détention préventive en France.
> "L'arrestation par l'État requis d'extradition constitue, au regard du prévenu, un acte d'exécution du mandat d'arrêt délivré par le juge d'instruction français."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de X..., confirmant que sa détention était légalement justifiée et que le délai de prolongation de la détention préventive ne commençait à courir qu'à partir de son écrou en France.