Résumé de la décision
La Cour de Cassation a rejeté les pourvois de X... (Feliciana), Y... (Maria) et Z... (Remedios) contre un arrêt de la Cour d'Appel de Douai, daté du 10 janvier 1969. Les trois prévenues avaient été condamnées pour importation sans déclaration de marchandises prohibées ou fortement taxées. X... a été condamnée à deux mois d'emprisonnement avec sursis, tandis que Y... et Z... ont chacune reçu un mois de la même peine avec sursis. En outre, elles ont été condamnées à la confiscation de la marchandise saisie et à une amende solidaire de 40 490,52 francs, double de la valeur des objets de fraude.
Arguments pertinents
1. Sur l'évaluation des biens saisis : La Cour d'Appel a estimé la valeur des marchandises saisies à 20 245,26 francs, en adoptant l'évaluation faite par l'administration des douanes. Les pourvoyeuses ont soutenu que cette évaluation était injustifiée. La Cour de Cassation a affirmé que les juges du fond disposent d'un pouvoir souverain pour évaluer les amendes douanières, sans être tenus de justifier leur estimation. La décision de la Cour d'Appel a été considérée comme conforme aux textes en vigueur.
> "Les cours et tribunaux, en vue de la détermination des condamnations pécuniaires, arbitrent souverainement, d'après les éléments de l'information et des débats, la valeur des objets de fraude."
2. Sur la nullité du procès-verbal : Les prévenues ont contesté la validité du procès-verbal dressé par les agents des douanes, mais la Cour a rejeté cette argumentation, considérant que les exceptions de nullité devaient être soulevées avant toute défense au fond, conformément à l'article 385 du Code de procédure pénale.
> "Les exceptions de nullité, non seulement de la citation, mais encore de la procédure antérieure, doivent, à peine de forclusion, être présentées avant toute défense sur le fond."
3. Sur la force probante des procès-verbaux : La Cour a également statué sur la force probante des procès-verbaux rédigés par les agents des douanes, affirmant qu'ils font foi jusqu'à preuve du contraire concernant l'exactitude et la sincérité des aveux rapportés.
> "Les procès-verbaux, rédigés, comme en l'espèce, par plusieurs agents, ont force probante jusqu'à inscription de faux quant aux constatations matérielles."
Interprétations et citations légales
1. Évaluation des amendes douanières : La décision souligne que, même si les juges du fond évaluent librement les amendes douanières, ils ne sont pas tenus de justifier leur évaluation. Cela est en accord avec le principe de souveraineté des juges en matière d'appréciation des faits.
- Code des douanes - Article 411 : Cet article établit les règles relatives à l'évaluation des marchandises en matière douanière, sans imposer de contraintes strictes sur la justification des montants.
2. Nullité des procédures : La décision rappelle que les nullités doivent être soulevées avant toute défense au fond, ce qui est un principe fondamental en matière de procédure pénale.
- Code de procédure pénale - Article 385 : Cet article précise que les exceptions de nullité doivent être soulevées en temps utile, ce qui a été respecté par la Cour d'Appel.
3. Force probante des procès-verbaux : La Cour a confirmé que les procès-verbaux dressés par les agents des douanes ont une force probante jusqu'à preuve du contraire, ce qui renforce la crédibilité des constatations faites par les autorités douanières.
- Code des douanes - Article 336 : Cet article établit que les procès-verbaux dressés par les agents font foi jusqu'à preuve du contraire, ce qui a été appliqué dans l'affaire.
En conclusion, la Cour de Cassation a validé les décisions de la Cour d'Appel, en confirmant la légalité des procédures et l'évaluation des amendes, tout en respectant les principes de droit en matière douanière.