Résumé de la décision
Le 5 mars 2024, le juge des référés a ordonné la suspension de l'exécution de l'arrêté du 25 septembre 2023 du maire de Lecci, qui n'avait pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par M. A B pour la création d'un bassin paysager sur un terrain situé à La Testa. Cette décision a été prise à la demande du préfet de Corse, qui a soulevé des doutes sérieux quant à la légalité de l'arrêté, notamment en raison de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme et de l'invalidité du plan local d'urbanisme sur lequel l'autorisation était fondée.
Arguments pertinents
1. Doute sérieux sur la légalité : Le juge a constaté que les moyens soulevés par le préfet étaient de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Cela justifie la suspension de l'exécution de l'acte.
2. Inapplicabilité du plan local d'urbanisme : Le préfet a soutenu que l'autorisation accordée ne pouvait pas être fondée sur un plan local d'urbanisme qui avait été enjoint d'abroger par un jugement antérieur. Ce point a été crucial pour établir l'illégalité potentielle de l'arrêté.
3. Application de l'article L. 2131-6 : La décision s'appuie sur le troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, qui permet au représentant de l'État de demander la suspension d'un acte qu'il estime illégal.
Interprétations et citations légales
1. Code général des collectivités territoriales - Article L. 2131-6 : Cet article stipule que "Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission." Il précise également que "Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué."
2. Code de l'urbanisme - Article L. 121-16 : Cet article impose des conditions strictes pour l'octroi d'autorisations d'urbanisme, et son non-respect peut entraîner l'illégalité de l'acte. Le préfet a soutenu que l'arrêté du maire méconnaissait ces dispositions, ce qui a été un point central dans l'évaluation de la légalité de l'arrêté.
3. Jugement n° 2101207 du 7 juillet 2023 : Ce jugement a enjoint la commune d'abroger le plan local d'urbanisme, ce qui a été un argument clé pour le préfet, car il a mis en lumière l'absence de base légale pour l'autorisation accordée par le maire.
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une analyse rigoureuse des arguments juridiques présentés par le préfet, mettant en avant les doutes sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, en lien avec les dispositions du code de l'urbanisme et les décisions judiciaires antérieures.