Résumé de la décision
Mme B A a saisi le juge des référés pour demander la désignation d'un expert afin de déterminer l'origine des désordres causés par un androne situé à l'arrière de l'immeuble dont l'établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine est propriétaire. Elle a également demandé le remboursement de frais d'avocat. L'établissement public a contesté la compétence du juge administratif, arguant que le litige relevait de la juridiction judiciaire. Le juge des référés a rejeté la requête de Mme A, considérant que l'immeuble appartenait au domaine privé de l'établissement public et que les litiges relatifs à ce domaine relèvent de la compétence des juridictions judiciaires.
Arguments pertinents
1. Compétence juridictionnelle : Le juge des référés a souligné que les litiges concernant le domaine privé d'un établissement public industriel et commercial, comme l'établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine, relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire. Il a précisé que l'immeuble en question ne se rattache pas à l'exercice de prérogatives de puissance publique et n'est pas affecté à un service public, ce qui exclut la compétence du juge administratif.
> "L'immeuble litigieux ne se rattache pas à l'exercice de prérogatives de puissance publique et appartient en conséquence au domaine privé de l'établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine."
2. Irrecevabilité de la demande d'expertise : La demande d'expertise formulée par Mme A a été jugée irrecevable, car elle était fondée sur des prétentions qui ne relevaient pas de la compétence de la juridiction administrative. Le juge a précisé que l'action en réparation des dommages pour défaut d'entretien devait être portée devant la juridiction judiciaire.
> "Dès lors et quel que soit son fondement, l'action en réparation des dommages que Mme A envisage d'intenter à l'issue de l'expertise pour défaut d'entretien de l'immeuble appartenant au domaine privé de l'établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine relève de la compétence exclusive de la juridiction judiciaire."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de prescrire des mesures d'expertise. Toutefois, l'utilité de cette mesure doit être appréciée en fonction de la compétence de la juridiction saisie. Le juge a conclu que la demande d'expertise ne pouvait être accueillie car elle ne relevait pas de sa compétence.
> "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction."
2. Code général de la propriété des personnes publiques - Article L. 2111-1 et L. 2211-1 : Ces articles définissent les notions de domaine public et de domaine privé des personnes publiques. Le juge a appliqué ces définitions pour conclure que l'immeuble en question appartenait au domaine privé, ce qui a conduit à la compétence judiciaire.
> "Font partie du domaine privé les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1, qui ne relèvent pas du domaine public par application des dispositions du titre Ier du livre Ier."
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une interprétation stricte des compétences juridictionnelles, en se fondant sur les définitions légales des domaines public et privé, et sur la nécessité de respecter les voies de recours appropriées selon la nature du litige.