Résumé de la décision
M. B A, ressortissant marocain, a demandé au juge des référés d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, en raison de l'urgence de sa situation. Le préfet a, après l'enregistrement de la requête, convoqué M. A pour le 2 août 2023, rendant ainsi la demande d'injonction sans objet. Le tribunal a décidé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions d'injonction et a condamné l'État à verser 500 euros à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Urgence de la situation : M. A a soutenu que l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous le maintenait dans une situation précaire, risquant de perdre son emploi et d'être exposé à une mesure d'éloignement. Le juge a reconnu que la situation était urgente, mais a noté que la convocation ultérieure du préfet a résolu ce problème.
2. Utilité de la mesure : La demande d'injonction était justifiée par la nécessité d'obtenir un rendez-vous pour enregistrer une demande de titre de séjour. Cependant, le juge a constaté que cette nécessité avait été satisfaite par la convocation.
3. Absence d'obstacle à l'exécution d'une décision administrative : Le juge a affirmé que la mesure sollicitée ne faisait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ce qui est conforme aux dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même en l'absence de décision administrative préalable. La décision souligne que "le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative". Cela signifie que le juge a une large latitude pour agir dans des situations urgentes, mais que cette action doit rester pertinente par rapport à l'évolution des faits.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article prévoit que l'État peut être condamné à verser une somme au titre des frais exposés par une partie. Le tribunal a décidé de condamner l'État à verser 500 euros à M. A, considérant que la situation justifiait une compensation financière pour les frais engagés dans le cadre de la procédure.
En conclusion, la décision du juge des référés a été fondée sur l'évolution des circonstances, rendant la demande d'injonction sans objet, tout en reconnaissant le droit de M. A à une compensation financière pour les frais de justice.