Résumé de la décision
M. A B a déposé une requête le 30 juin 2023 pour demander l'annulation de son internement au centre hospitalier spécialisé La Chartreuse, qui a eu lieu du 26 avril au 18 mai 2022. Le tribunal a rejeté cette requête, considérant qu'il n'était pas compétent pour traiter ce type de demande, qui relève de la juridiction judiciaire. La décision a été rendue le 10 juillet 2023 par le président de la 3ème chambre, L. Boissy.
Arguments pertinents
1. Incompétence de la juridiction administrative : Le tribunal a souligné que les demandes relatives à l'annulation de mesures de soins psychiatriques sans consentement doivent être portées devant la juridiction judiciaire. En effet, selon l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative peuvent être rejetées.
2. Compétence du juge des libertés et de la détention : Les articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1 du code de la santé publique confèrent au juge des libertés et de la détention le pouvoir de contrôler les mesures de soins sans consentement. Cela implique que toute contestation relative à ces mesures doit être examinée par cette juridiction.
3. Régularité des décisions administratives : L'article L. 3216-1 du code de la santé publique stipule que la régularité des décisions administratives concernant les soins psychiatriques ne peut être contestée que devant le juge judiciaire. Le tribunal a donc conclu que M. B devait se tourner vers cette juridiction pour faire valoir ses droits.
Interprétations et citations légales
1. Compétence de la juridiction judiciaire : L'article L. 3211-12 du code de la santé publique précise que le juge des libertés et de la détention a la compétence pour contrôler les mesures de soins sans consentement. Cela signifie que toute demande d'annulation de telles mesures doit être introduite devant ce juge, et non devant le tribunal administratif.
2. Limitation des recours : L'article L. 3216-1 du même code indique que "la régularité des décisions administratives prises en application des chapitres II à IV du présent titre ne peut être contestée que devant le juge judiciaire". Cette disposition renforce l'idée que le tribunal administratif n'a pas compétence pour traiter les irrégularités liées aux décisions administratives en matière de soins psychiatriques.
3. Conséquences des irrégularités : Le même article précise que l'irrégularité d'une décision administrative n'entraîne la mainlevée de la mesure que si elle a causé une atteinte aux droits de la personne concernée. Cela souligne l'importance d'un examen judiciaire pour évaluer non seulement la légalité des mesures, mais aussi leurs conséquences sur les droits individuels.
En conclusion, la décision du tribunal de rejeter la requête de M. A B repose sur une interprétation claire des compétences respectives des juridictions administrative et judiciaire, conformément aux dispositions du code de la santé publique.