Résumé de la décision
La SCI les Trois El's a contesté des rehaussements de son résultat fiscal pour les exercices clos les 31 décembre 2016 et 31 décembre 2017, en soutenant que les travaux réalisés étaient déductibles en tant que dépenses d'entretien et de réparation. L'administration fiscale a rejeté sa réclamation, et la SCI a saisi le tribunal administratif. Cependant, le tribunal a déclaré la requête irrecevable, estimant que les impositions résultant des rehaussements avaient été assignées aux associés de la SCI et non à la société elle-même. Par conséquent, la SCI n'avait pas d'intérêt à agir pour contester les rectifications.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : Le tribunal a souligné que la SCI n'était pas recevable à contester les rehaussements, car les impositions avaient été assignées aux associés, conformément à l'article 8 du Code général des impôts. Cela signifie que la société ne pouvait pas agir directement contre les rectifications fiscales qui lui étaient notifiées.
> "Par suite, et alors même que les bases d'imposition retenues procèdent de rehaussements apportés aux résultats sociaux et notifiés, conformément à l'article L. 53 du livre des procédures fiscales, celle-ci n'est pas recevable à contester devant le juge de l'impôt la notification de rectifications."
2. Absence d'imposition à la charge de la SCI : Le tribunal a précisé que, en l'absence d'imposition mise à la charge de la SCI, celle-ci ne pouvait pas revendiquer un droit de contestation.
> "Partant, les conclusions de la SCI requérante sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées."
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 8 : Cet article stipule que les associés des sociétés civiles sont personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. Cela implique que les impositions résultant des bénéfices de la SCI sont directement assignées à ses associés, et non à la société elle-même.
> "Les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société."
2. Livre des procédures fiscales - Article L. 190 : Cet article précise que les réclamations relatives aux impôts relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles visent à obtenir la réparation d'erreurs dans l'assiette ou le calcul des impositions. Dans le cas présent, la SCI ne pouvait pas revendiquer ce droit, car les rectifications ne lui étaient pas directement applicables.
> "Les réclamations relatives aux impôts, contributions, droits, taxes, redevances, soultes et pénalités de toute nature, établis ou recouvrés par les agents de l'administration, relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles tendent à obtenir soit la réparation d'erreurs commises dans l'assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d'un droit résultant d'une disposition législative ou réglementaire."
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des dispositions fiscales, affirmant que la SCI, en tant que société, n'a pas la capacité de contester des impositions qui sont légalement assignées à ses associés.