Résumé de la décision
Le tribunal administratif a rendu un jugement le 19 mars 2024, annulant l'arrêté du 14 avril 2022 qui avait accordé un permis de construire pour un bâtiment à usage d'habitation comprenant neuf logements dans la commune des Belleville. Cette décision fait suite à une requête de M. et Mme B, qui contestaient la légalité de ce permis en raison de vices de forme liés à la méconnaissance de l'article UD 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme. Le tribunal a constaté que les mesures de régularisation apportées par la société Ulysse n'avaient pas corrigé les vices identifiés, entraînant ainsi l'annulation du permis et la décision de rejet du recours gracieux. En outre, la commune des Belleville a été condamnée à verser 1 500 euros à M. et Mme B pour les frais de justice.
Arguments pertinents
1. Sur la régularisation des vices : Le tribunal a souligné que le permis de construire modificatif n'a pas corrigé les vices identifiés dans le jugement précédent. En effet, il a noté que "le permis de construire modificatif se borne à diminuer le nombre de toitures à cinq et à modifier légèrement le volume global en maintenant plusieurs volumes différents, complexes, et des décrochés de façade et saillies nombreux". Cela démontre que les modifications apportées n'ont pas respecté les exigences de l'article UD 2.2.
2. Sur la conformité des ouvertures : Le tribunal a également constaté que plusieurs ouvertures ne respectaient pas la règle selon laquelle "les parties vitrées doivent être plus hautes que larges", ce qui constitue une autre violation des prescriptions du plan local d'urbanisme.
3. Sur les frais de justice : En vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal a décidé de mettre à la charge de la commune des Belleville une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme B, en raison des frais exposés et non compris dans les dépens.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : Cet article stipule que le juge peut surseoir à statuer sur une demande d'annulation d'un permis de construire si un vice susceptible d'être régularisé est constaté. Le tribunal a appliqué cette disposition en précisant que "le juge peut à tout moment statuer sur la demande d'annulation de ce permis et, le cas échéant, y faire droit si aucune mesure de régularisation ne lui a été notifiée".
2. Article UD 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme : Cet article impose des exigences spécifiques concernant la forme des constructions et les ouvertures. Le tribunal a interprété ces exigences comme étant des conditions essentielles à la légalité du permis de construire, en affirmant que "les constructions doivent présenter un volume simple, plan rectangulaire sans saillies ni décrochements nombreux et importants".
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article régit les frais de justice et stipule que la partie perdante peut être condamnée à verser une somme à l'autre partie pour couvrir les frais exposés. Le tribunal a appliqué cette disposition en condamnant la commune des Belleville à verser 1 500 euros à M. et Mme B, en précisant que "les conclusions présentées à ce titre par la commune des Belleville et la société Ulysse doivent dès lors être rejetées".
Ces éléments montrent que le tribunal a soigneusement examiné les arguments des parties et a appliqué les dispositions légales pertinentes pour justifier sa décision d'annuler le permis de construire et de condamner la commune à verser des frais.