Résumé de la décision
M. B A a déposé une requête le 21 février 2024 pour contester des arrêtés du préfet du Pas-de-Calais, datés du 13 février 2024, qui l'obligeaient à quitter le territoire français, fixaient son pays de destination, lui interdisaient le retour avant trois ans, et l'assignaient à résidence pour 45 jours. Le tribunal a rejeté la requête comme manifestement irrecevable, car elle avait été déposée après l'expiration du délai de quarante-huit heures prévu pour contester l'assignation à résidence.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article L. 732-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision d'assignation à résidence doit être contestée dans un délai de quarante-huit heures suivant sa notification. En l'espèce, M. A a été notifié le 13 février 2024, et sa requête a été enregistrée le 21 février 2024, soit bien après l'expiration de ce délai.
2. Irrecevabilité manifeste : Le tribunal a conclu que la requête était tardive et ne pouvait pas être régularisée, ce qui a conduit à son rejet pour irrecevabilité manifeste. L'article R. 222-1 du Code de justice administrative permet de rejeter les requêtes manifestement irrecevables sans invitation à régularisation.
Interprétations et citations légales
1. Délai de contestation : L'article L. 732-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que "la décision d'assignation à résidence peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification". Ce délai est strict et ne peut être prorogé, comme le précise l'article R. 776-5 du Code de justice administrative : "Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 ne sont susceptibles d'aucune prorogation".
2. Notification et enregistrement : Le tribunal a constaté que la notification des arrêtés avait été effectuée le 13 février 2024 entre 16 heures 30 et 16 heures 50, et que la requête de M. A a été enregistrée le 21 février 2024, ce qui constitue une violation des délais légaux. Cela illustre l'importance du respect des délais de recours dans le cadre des procédures administratives.
En conclusion, la décision du tribunal met en lumière la rigueur des délais de recours en matière d'assignation à résidence et d'éloignement, soulignant que le non-respect de ces délais entraîne l'irrecevabilité des requêtes.