Résumé de la décision
Le tribunal administratif de Marseille a rendu un jugement le 20 mars 2024, rejetant les conclusions de MM. C et B qui demandaient l'annulation d'un permis de construire délivré le 7 décembre 2020 au département des Bouches-du-Rhône pour la restructuration et l'extension du collège "Les Hauts de l'Arc" à Trets. Le tribunal a constaté qu'un permis modificatif avait été délivré le 3 janvier 2024, régularisant le vice d'incompétence initialement soulevé. En conséquence, la commune de Trets a été condamnée à verser 1 000 euros aux requérants au titre des frais de justice, tandis que les demandes du département des Bouches-du-Rhône ont été rejetées.
Arguments pertinents
1. Incompétence du signataire : Le tribunal a retenu que le seul moyen d'annulation soulevé par les requérants était l'incompétence du signataire du permis de construire. Il a noté que le permis modificatif délivré par le maire a régularisé ce vice, ce qui a conduit au rejet des conclusions d'annulation. Le tribunal a affirmé : « le permis de construire modificatif du 3 janvier 2024, signé du maire de Trets, régularise le vice retenu ».
2. Frais de justice : Concernant les frais liés au litige, le tribunal a appliqué l'article L. 761-1 du code de justice administrative, précisant que la partie perdante doit supporter les frais exposés. Il a conclu que, bien que les requérants aient initialement contesté un acte illégal, la régularisation intervenue ne justifiait pas de leur imposer les frais. Le tribunal a ainsi décidé : « il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Trets une somme de 1 000 euros à verser aux requérants pris ensemble ».
Interprétations et citations légales
1. Article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : Cet article permet au tribunal administratif de surseoir à statuer sur une demande d'annulation de permis de construire lorsque des vices de forme ou de procédure sont constatés, offrant ainsi un délai pour régulariser la situation. Le tribunal a utilisé cet article pour justifier le sursis à statuer sur la requête des requérants.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge peut condamner la partie perdante à payer à l'autre partie les frais exposés et non compris dans les dépens. Le tribunal a interprété cet article en considérant que, malgré la régularisation, la commune de Trets devait supporter les frais, car les requérants avaient agi de bonne foi en contestant un acte qu'ils estimaient illégal.
En conclusion, le tribunal a appliqué les principes de régularisation des actes administratifs et de répartition des frais de justice de manière à équilibrer les intérêts des parties tout en respectant les dispositions légales en vigueur.