Résumé de la décision
Mme D E A épouse C et M. B C ont saisi le juge des référés pour demander l'orientation vers une structure d'hébergement d'urgence et l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Ils soutiennent que leur situation, étant âgés de 60 et 65 ans et contraints de dormir dehors, constitue une atteinte grave à leurs libertés fondamentales. Le juge des référés a rejeté leur demande, considérant que la condition d'urgence n'était pas remplie, car ils avaient été informés de leur expulsion depuis plus d'un an et disposaient de ressources financières suffisantes pour rechercher un logement.
Arguments pertinents
1. Absence d'urgence : Le juge a constaté que, bien que les requérants soient sans abri, ils avaient été prévenus de leur expulsion depuis juillet 2023 et avaient eu des délais pour s'organiser. De plus, ils ne justifiaient pas d'une recherche active d'hébergement en dehors de Marseille, ce qui a conduit à conclure que la condition d'urgence n'était pas remplie.
2. Ressources financières : Les requérants ont perçu plus de 7 000 euros entre septembre 2023 et août 2024, ainsi qu'une allocation mensuelle de 354 euros de la CAF. Cela a été interprété comme une capacité à rechercher un logement, même temporaire.
3. Procédure de relogement : Les requérants étaient en cours de relogement d'urgence dans le cadre du DALO (Droit au logement opposable), ce qui a également été pris en compte pour évaluer leur situation.
Interprétations et citations légales
1. Urgence et liberté fondamentale : Selon le Code de justice administrative - Article L. 521-2, le juge des référés peut ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale. Cependant, cette intervention est subordonnée à la condition d'urgence, qui doit être justifiée.
2. Rejet de la demande : En vertu de l'Article L. 522-3 du même code, le juge peut rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence par une ordonnance motivée. Dans ce cas, le juge a estimé que la situation des requérants, bien que difficile, ne justifiait pas une intervention immédiate.
3. Conditions d'urgence : L'Article R. 522-1 précise que la requête doit justifier de l'urgence de l'affaire. Le juge a conclu que les requérants n'avaient pas démontré une situation d'urgence objective, car ils avaient eu le temps de se préparer à leur expulsion et disposaient de ressources financières.
En somme, la décision du juge des référés repose sur une évaluation rigoureuse des éléments de fait et de droit, concluant que la situation des requérants, bien que préoccupante, ne remplissait pas les critères d'urgence nécessaires pour justifier une intervention judiciaire immédiate.