Résumé de la décision
M. C B, ressortissant comorien, a contesté un arrêté du préfet de Mayotte du 14 avril 2023, qui refusait de lui délivrer un titre de séjour et l'obligeait à quitter le territoire français. Il a saisi le juge des référés pour suspendre cet arrêté et obtenir une autorisation provisoire de séjour. Cependant, le préfet a retiré l'arrêté contesté le 26 juin 2023. Par conséquent, le juge des référés a déclaré que les conclusions de M. C B avaient perdu leur objet, n'ayant plus lieu d'être examinées. Les demandes de M. C B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont également été rejetées.
Arguments pertinents
1. Perte d'objet des conclusions : Le juge a constaté que le retrait de l'arrêté par le préfet a rendu sans objet les demandes de suspension et d'injonction de M. C B. Cela est fondé sur le principe selon lequel une décision administrative retirée ne peut plus faire l'objet d'un recours.
> "Par suite, les conclusions à fins de suspension et d'injonction présentées par le requérant ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer."
2. Absence de droit à indemnisation : Le juge a également rejeté les demandes de M. C B au titre de l'article L. 761-1, qui prévoit la possibilité d'une indemnisation pour les frais engagés dans le cadre d'un litige administratif, en raison de l'absence de décision contestée.
> "Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. C B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article permet de saisir le juge des référés pour obtenir la suspension d'une décision administrative. Toutefois, cette possibilité est conditionnée par l'existence d'une décision contestable. Dans le cas présent, le retrait de l'arrêté a mis fin à la contestation.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que l'État peut être condamné à verser une somme au titre des frais exposés par une partie dans le cadre d'un litige administratif. Cependant, le juge a estimé qu'aucune indemnisation n'était justifiée dans ce cas, car la décision contestée avait été retirée avant qu'une décision sur le fond ne soit rendue.
> "Le surplus des conclusions de la requête est rejeté."
3. Droit à un recours effectif : La décision rappelle l'importance du droit à un recours effectif, tel que protégé par l'article 13 de la Convention européenne des droits de l'homme. Cependant, dans ce cas, le retrait de l'arrêté a permis de garantir que M. C B ne serait pas soumis à une mesure d'éloignement, rendant ainsi la question de l'urgence caduque.
En conclusion, la décision du juge des référés illustre l'importance du retrait d'une décision administrative dans le cadre des recours en référé, et souligne que l'absence d'une décision contestée rend les demandes de suspension et d'indemnisation sans objet.