Résumé de la décision
Mme A épouse C a déposé une requête le 1er juin 2023 auprès du juge des référés, demandant l'injonction à la préfète du Val-de-Marne de délivrer un récépissé de demande de document de circulation pour sa fille mineure B, ainsi qu'une indemnisation de 1 500 euros. La requérante soutenait que sa fille ne pouvait justifier de la régularité de son séjour en France, ce qui constituait une situation d'urgence. Le juge des référés a rejeté la demande, considérant qu'une décision implicite de rejet avait été prise par l'administration, rendant la demande irrecevable. De plus, il a statué que l'État n'était pas la partie perdante, ce qui empêchait l'octroi de l'indemnisation demandée.
Arguments pertinents
1. Décision implicite de rejet : Le juge a constaté qu'une décision implicite de rejet était née deux mois après le dépôt de la demande de document de circulation, conformément aux dispositions de l'article L. 231-4 du Code des relations entre le public et l'administration et du décret n° 2014-1292 du 23 octobre 2014. Cela a conduit à la conclusion que la demande de Mme A épouse C était irrecevable, car elle était fondée sur une situation qui ne pouvait plus être contestée.
2. Absence de caractère d'urgence : Le juge a également noté que, sans avoir à examiner d'autres conditions, la demande ne remplissait pas le critère d'urgence requis par l'article L. 521-3 du Code de justice administrative, puisque la décision implicite de rejet avait déjà été établie.
3. Indemnisation : En ce qui concerne la demande d'indemnisation, le juge a appliqué l'article L. 761-1 du Code de justice administrative, qui stipule que les frais de justice ne peuvent être mis à la charge de l'État que si celui-ci est la partie perdante. Étant donné que l'État n'était pas la partie perdante dans cette instance, la demande d'indemnisation a été rejetée.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même en l'absence de décision administrative préalable. Cependant, le juge a précisé que "la demande ne présente pas un caractère d'urgence" dans ce cas précis, ce qui a conduit au rejet de la requête.
2. Article L. 231-4 du Code des relations entre le public et l'administration : Cet article, combiné avec le décret n° 2014-1292, établit que le silence de l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet après un délai de deux mois. Le juge a affirmé que "le silence gardé par l'administration sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet", ce qui a été déterminant pour la décision finale.
3. Article L. 761-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule que les frais de justice peuvent être mis à la charge de l'État uniquement si celui-ci est la partie perdante. Le juge a conclu que "l'État qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance" ne pouvait pas être condamné à verser l'indemnisation demandée.
En somme, la décision du juge des référés repose sur une interprétation stricte des délais et des conditions de recevabilité des demandes administratives, ainsi que sur la répartition des frais de justice en fonction de la partie perdante.