Résumé de la décision
M. A B a demandé au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe sur les logements vacants pour l'année 2019, concernant des locaux d'habitation à Melun. Il a soutenu que l'administration avait refusé un dégrèvement en raison de ses précédents bénéfices pour les années 2017 et 2018, que le bien était en vente mais avait été préempté par la commune à un prix sous-évalué, et qu'il était de bonne foi. L'administration a contesté la requête, la qualifiant de tardive et infondée. Le tribunal a rejeté la demande de M. B, considérant que les arguments avancés ne justifiaient pas une exonération de la taxe.
Arguments pertinents
1. Sur la vacance indépendante de la volonté du contribuable : Le tribunal a souligné que M. B devait prouver que la vacance de ses logements était indépendante de sa volonté. Il a noté que la préemption par la commune, même si elle était à un prix sous-évalué, ne constituait pas un obstacle à l'occupation durable des locaux. Le tribunal a affirmé : "cette circonstance, à la supposer même établie, est sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition en litige".
2. Sur la bonne foi et la résiliation du contrat d'électricité : Le tribunal a estimé que les éléments relatifs à la bonne foi de M. B et à la résiliation du contrat d'électricité n'avaient pas d'influence sur l'imposition à la taxe sur les logements vacants. Il a précisé que ces arguments ne suffisaient pas à établir que la vacance était indépendante de la volonté du propriétaire.
3. Sur le dégrèvement antérieur : Le tribunal a également noté que le dégrèvement accordé pour les années précédentes ne constituait pas une prise de position formelle de l'administration sur les faits et ne justifiait pas une exonération pour l'année 2019. Il a déclaré : "un tel dégrèvement non motivé ne vaut pas prise de position formelle de l'administration sur une question de fait".
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 232 : Cet article définit les conditions d'application de la taxe sur les logements vacants, précisant que la taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année et qu'elle n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable. Le tribunal a rappelé que "la taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable".
2. Réserve du Conseil constitutionnel : Le tribunal a fait référence à la décision n° 98-403 DC du Conseil constitutionnel, qui stipule que "ne sauraient être assujettis à cette taxe des logements dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur". Cela souligne l'importance de prouver que la vacance n'est pas due à la volonté du propriétaire.
3. Charge de la preuve : Le tribunal a affirmé qu'il incombait à M. B de prouver que la vacance de ses logements était indépendante de sa volonté, en tenant compte des travaux nécessaires pour rendre le logement habitable et des obstacles à leur occupation. Cela est en ligne avec le principe général selon lequel "il appartient donc au contribuable d'établir que la vacance de ses logements au cours des années en litige aurait été indépendante de sa volonté".
En conclusion, le tribunal a rejeté la requête de M. B, considérant que les arguments avancés ne justifiaient pas une exonération de la taxe sur les logements vacants pour l'année 2019.