Résumé de la décision
M. A B a demandé au juge des référés de condamner l'ONIAM à lui verser une provision de 230 706,81 euros en raison d'une infection nosocomiale qu'il aurait contractée suite à une intervention chirurgicale au centre hospitalier Emile Durkheim d'Epinal le 14 février 2017. L'ONIAM a contesté cette demande, arguant qu'il n'existait pas d'infection nosocomiale reconnue par l'expert et que le taux de déficit fonctionnel permanent de 12% était insuffisant pour ouvrir droit à indemnisation. Le juge des référés a rejeté la requête de M. B, considérant qu'il existait des contestations sérieuses quant à l'obligation de l'ONIAM à indemniser.
Arguments pertinents
1. Existence de l'obligation non sérieusement contestable : Selon l'article R. 541-1 du code de justice administrative, le juge des référés peut accorder une provision lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Dans ce cas, l'expert désigné par la CRCI a conclu que l'infection n'était ni un accident médical, ni une affection iatrogène, ni une infection nosocomiale. Cela a conduit le juge à estimer qu'il existait des contestations sérieuses sur l'obligation de l'ONIAM à indemniser M. B.
2. Taux de déficit fonctionnel : Le juge a noté que le taux de déficit fonctionnel permanent de 12% était bien en dessous du seuil de 25% requis par l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique pour que l'ONIAM puisse être tenu de prendre en charge les dommages liés à des infections nosocomiales. Cela a renforcé l'idée que la demande d'indemnisation n'était pas fondée.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 541-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable". Dans cette affaire, le juge a interprété que les conclusions de l'expert remettaient en question la reconnaissance de l'infection comme nosocomiale, ce qui a conduit à un rejet de la demande de provision.
2. Article L. 1142-1-1 du code de la santé publique : Cet article précise que l'ONIAM peut être amené à indemniser les victimes d'infections nosocomiales lorsque le taux de déficit fonctionnel permanent est supérieur à 25%. Le juge a souligné que le taux de 12% constaté par l'expert était insuffisant pour ouvrir droit à indemnisation, ce qui a été un élément clé dans la décision de rejet.
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur l'absence de reconnaissance d'une infection nosocomiale et sur le taux de déficit fonctionnel, qui ne remplissait pas les conditions nécessaires pour que l'ONIAM soit tenu d'indemniser M. B.